Déserts médicaux : un nouveau plan pour rien

Le plan présenté par le gouvernement sera malheureusement insuffisant pour stopper la progression des déserts médicaux.

S’il présente de vraies avancées, ce plan n’est pourtant pas à la hauteur de la fracture médicale qui mine notre cohésion sociale et territoriale.

Naturellement, le soutien au développement des maisons de santé, à la télémédecine et les aides financières sont des mesures qui vont dans le bon sens. Pour autant, ce plan n’est que le prolongement des différents plans mis en œuvre ces dernières années et il ne suffira pas pour enrayer la progression des déserts médicaux.

Pour réduire la facture médicale, il faut complètement changer de logiciel !

Où est la suppression du Numerus Clausus, promise par Emmanuel Macron ? Il est urgent d’en terminer avec ce mécanisme : il accentue la fracture médicale, il est responsable du gâchis humain qui conduit des milliers d’étudiants à redoubler leur première année, et ne garantit en rien que les médecins étrangers auxquels nous avons recours pour pallier le manque de médecins possèdent un niveau de compétence suffisant. Il faut également révolutionner le fonctionnement des études de santé en les régionalisant, afin de faciliter l’implantation des futurs médecins dans les déserts médicaux.

Changer de logiciel, c’est aussi permettre plus d’expérimentation au niveau local, et de nouvelles pratiques ou de nouveaux modes de tarification pour les professionnels de santé, dont les aspirations ont évoluées.

Enfin, changer de logiciel, c’est ne pas aborder la question des déserts médicaux qu’à travers l’angle de la santé. Les déserts médicaux, c’est avant tout une question d’attractivité de nos territoires périphériques ou ruraux car souvent, un désert médical est aussi un désert numérique, un désert culturel dans lequel les services à la population disparaissent, la sécurité n’est pas assurée, la politique de logement et de transports défaillante. C’est pourquoi je ne peux que regretter que ces annonces ne s’inscrivent pas dans une vraie ambition pour réduire toutes les fractures territoriales et renforcer la cohésion de nos territoires ».