Homologation du glyphosate : ma lettre au Premier Ministre

Ma lettre au Premier ministre Edouard Philippe lui demandant que la France infléchisse sa position.

« Monsieur le Premier ministre,

Par la présente, je souhaite attirer votre bienveillante attention sur le renouvellement du glyphosate, sur lequel se prononceront prochainement les Etats-membres de l’Union européenne.

Par la voix de votre ministre de la transition écologique et solidaire, la France a fait savoir qu’elle s’opposerait à une nouvelle homologation du glyphosate.

Cette décision suscite légitimement l’incompréhension, l’inquiétude et la colère du monde agricole.

Prise sans concertation, elle lui apparaît en effet sans fondement, contraire aux objectifs que la France poursuit en matière de développement durable et néfaste pour la compétitivité de l’agriculture française et européenne.

Infondée car les conclusions des études et les décisions de classification portant sur la dangerosité du glyphosate se contredisent. Si le glyphosate doit être interdit, il doit l’être sur la base d’études approfondies permettant de parvenir à des conclusions définitives et incontestables sur sa dangerosité.

Contraire aux objectifs de la France en matière de développement durable, en faveur desquels les différentes filières agricoles se sont toutes engagées depuis plusieurs années. En effet, l’absence d’alternative au glyphosate, herbicide le plus utilisé au monde, pourrait avoir deux conséquences déplorables : le recours à des cocktails d’herbicides, dont l’impact environnemental serait désastreux, ou le recours au labour, qui limitera l’efficience du stockage du carbone dans les sols et dégradera le bilan du secteur en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Néfaste pour la compétitivité enfin, car une nouvelle fois, notre agriculture serait victime d’une écologie idéologique qui la désavantage par rapport à ses concurrents mondiaux. Ainsi, le retrait soudain du glyphosate représenterait un coût de 2 milliards pour la profession ! Alors que la France et l’Europe devraient promouvoir une agriculture innovante, ambitieuse, fer de lance d’une nouvelle croissance pour notre continent, notre agriculture croule sous les normes sociales et environnementales, qui pèsent sur notre compétitivité. J’ajoute que je suis pour ma part persuadé qu’agriculture et écologie peuvent se renforcer mutuellement, si nous parvenons à faire en sorte que le respect de nos objectifs de développement durables génère de nouveaux débouchés pour notre agriculture, et non des freins à sa croissance.

Je vous sais conscient que le monde agricole a besoin d’être davantage soutenu et mieux accompagné. Il doit être écouté, ce qui n’a pas été le cas jusqu’ici dans le dossier du glyphosate.

Je vous demande solennellement de vous battre pour que la France infléchisse sa position. Je vous demande solennellement qu’en cas d’interdiction du glyphosate décidée par les autres Etats-membres, la France s’engage à ce que cette interdiction ne soit pas brutale, mais progressive, afin que les intérêts de notre agriculture, secteur stratégique par excellence, soient préservés.

Je suis convaincu de notre attachement commun à notre modèle agricole et de notre volonté partagée de lui donner les moyens d’évoluer et de se moderniser efficacement et sereinement.

Je reste naturellement à votre disposition pour évoquer avec vous cette question cruciale plus en détail.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma très haute considération ».

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