Interview dans l’Echo Républicain

Le président du groupe UDI à l’Assemblée nationale effectuera, sa rentrée, mardi, au Palais Bourbon. Il est prêt à assumer toutes ses responsabilités au sein de l’opposition.

Le Premier ministre, Manuel Valls, va clarifier, mardi, l’engagement militaire de la France après que le président de la République, François Hollande, a annoncé son intention de frapper les djihadistes de Daesh en Syrie. Quelle position défend l’UDI ? 

Dans le discours que j’avais déjà eu à prononcer à l’assemblée, j’avais expliqué qu’il fallait frapper Daesh. Je maintiens. J’en appelle à la communauté internationale, à l’ONU et aux Américains. Si on laisse ces foyers de terrorisme progresser alors qu’ils ont constitué un état islamique dans le but de créer des poches de terrorisme dans le monde, les modèles de la démocratie chancelleront. Le bras ne doit pas trembler. Il faut, par ailleurs, tarir les sources de financement de Daesh. Cela ne se fera pas tant qu’il n’y aura pas de volonté politique. C’est la base.

55 % des Français se disent défavorables à assouplir les conditions d’accueil des migrants. La France doit-elle imiter l’Allemagne ? 

Leur accueil ne peut se faire que dans une action concertée avec l’ensemble des pays d’Europe. Il ne faut pas que ce soit toujours les mêmes qui fassent les efforts. Cela n’aurait pas de sens s’il y a des quotas de migrants qui rentrent sans une harmonisation. Il y a aussi des zones humanitaires à sécuriser dans ces pays. Ce que l’on vit est un phénomène très grave. Il faut en prendre la dimension.

Le chef de l’État vient d’annoncer une nouvelle baisse des impôts de 2 milliards. C’est une bonne nouvelle, non ?

On va voir comment il les finance. On n’a toujours pas de réponse. Tant mieux pour ceux qui sont concernés. Mais est-ce que cela veut dire que, dans les vases communicants, les classes moyennes vont payer encore plus ? À mon sens, ce serait une faute politique et économique. Parce que si les classes moyennes sont impactées encore plus, elles consommeront encore moins et la croissance sera encore plus faible.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Emmanuel Macron, a relancé involontairement le débat sur les 35 heures. Allez-vous vous engouffrer dans la brèche ? 

Il y a beaucoup de points sur lesquels je suis d’accord avec lui. Mais il n’a pas la majorité pour faire ce qu’il dit. Moi, je suis pour un accord de branches. Qu’on laisse travailler 40 heures ceux qui le veulent. Il faut de la souplesse et de la flexibilité. Je ne supporte pas l’idée qu’on mette des freins à la croissance.

La crise touche, aussi, les agriculteurs. Vous êtes vent debout avec eux… 

Est-ce qu’on veut oui ou non voir perdurer le modèle agricole français ? Est-ce que les filières porcine et du lait ont encore un avenir en France ? Si oui, il faut des réformes de structures en profondeur. Si oui, les accords passés entre les transformateurs et la grande distribution doivent être respectés. Si oui, la France devra arrêter de mettre des normes sur les normes. Si oui, les régions devront intervenir. On doit arrêter de verdir la PAC en permanence. Je suis respectueux de l’environnement, mais il ne faut pas tomber dans l’excès inverse.

Jean-Vincent Placé veut créer un nouveau mouvement d’écologie centriste. Vous dites bienvenue à l’UDI ? 

Oui. Il tire un trait sur une dérive gauchiste et maximaliste des Verts. Le symptôme d’une majorité à bout de souffle. Le PS est coupé en deux, les Verts sont coupés en deux, le Front de gauche est coupé en deux… La droite et le Centre ont l’exigence de s’entendre et d’être intelligents pour trouver des solutions et proposer une offre de politique nouvelle.

Sur quel sujet comptez-vous être actif au Palais Bourbon ? 

La loi de finances et le budget. Je vois que François Hollande a fait son mea culpa en annonçant qu’il avait commis une faute, à l’été 2012, en supprimant la TVA sociale, instituée par Nicolas Sarkozy, en fin de mandat. Les centristes portent depuis longtemps cette idée. C’est un élément déterminant pour mieux protéger nos entreprises et améliorer leur compétitivité et le pouvoir d’achat. 

Et au niveau local, quels dossiers souhaitez-vous défendre ? 

La N154. C’est un projet majeur et structurant pour le département. On arrive dans la phase la plus active possible, avec la déclaration d’utilité publique qui doit sortir en fin d’année. On commence à travailler sur les itinéraires, à voir comment cet axe peut passer avec la plus grande adhésion possible. Le deuxième sujet sur lequel je suis engagé, c’est le pôle numérique à Châteaudun « Les champs du possible ». Ce sera un renouveau pour la Ville. Il y a une mobilisation générale autour de ce dossier. Notre ambition est de réaliser un village de start-up labellisé.

Quid de la filière de déconstruction sur l’Élément air rattaché 270 de Châteaudun dont vous aviez annoncé l’ouverture pour le début 2015 ? 

Elle a du retard, en effet. Mais elle se fera bien. Le chef d’État-major des armées me l’a confirmé la semaine dernière. L’appel d’offres est lancé. Ce sera un gage de pérennité d’emplois et d’activités de la base. Cette filière regroupera beaucoup de technicités. Elle s’inscrit dans l’avenir de ce territoire. Mais il faut être patient.

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