Interview de rentrée à l’Echo Républicain

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette rentrée alors que se profile, en 2017, l’élection présidentielle ? 
Comme quelqu’un qui est dans la bagarre. Il n’y a pas un instant où je n’y suis pas. C’est la bagarre qui fera avancer les choses, pas l’écume des vagues. Un exemple. Le député que je suis soutient l’initiative des primaires de la droite et du centre. Dans ma famille politique, certains n’y sont pas favorables. Mais, petit à petit, j’amène tout le monde sur cette ligne. Nous devons être capables de préparer l’alternance et pas uniquement sur un petit réchaud posé sur un coin de table. C’est l’affaire des politiques, mais il faut aussi prendre en considération le besoin du peuple de retrouver un cap et une confiance. C’est pourquoi, la pratique politique doit changer. C’est devenu une exigence absolue. On se doit de montrer l’exemple. Si ce n’est pas le cas, en 2020, je connais le résultat. Marine (Le Pen), qui est déjà quasiment assurée d’être au second tour en 2017, attend tranquillement les choses. Et plus les jours passent, plus elle monte. Pareil pour Mélenchon. 

Que préconisez-vous ? 
Là encore, montrer l’exemple avec une diminution du nombre de députés et de sénateurs. Je suis favorable à un peu de proportionnelle. Si 30 % des électeurs votent FN, ils doivent avoir des députés. La démocratie, c’est ça. Il faut également prendre en compte le vote blanc et surtout opter pour un septennat unique. Faire évoluer le Parlement, c’est aussi inviter au débat. Le 49\3 est dramatique. À nous aussi de préparer les citoyens à ce que l’on va faire. Ils ne peuvent pas le découvrir dans l’improvisation. Donc, il faut que les Français se saisissent des primaires, en Eure-et-Loir, et partout. C’est un moment citoyen.

Pour qui voterez-vous ? 
Mon choix n’est pas totalement décidé, il y a des points de convergences, d’autres de divergences. J’attends de voir. Je le communiquerai en octobre.
Il se fera parmi une longue liste de candidats des Républicains puisque l’UDI est aux abonnés absents… 
Je le regrette. Une famille politique a vocation à présenter des candidats. Mais on ne présente pas des candidats pour présenter des candidats. Jean-Louis Borloo n’est plus là et, depuis, aucune tête n’a émergé, sans faire de grief à quiconque. Ce n’est pas Morin, pas Lagarde, moi n’en parlons pas… En revanche, on peut peser sur le projet.

Pourquoi pas vous, Jean-Pierre Gorges, le député-maire de Chartres, se présente bien ? 
Je connais mes limites. Être parlementaire et président de groupe en étant sur le terrain est déjà un travail énorme. Non, je ne briguerai pas la fonction suprême.

Au fait, on ne vous a pas posé la question tellement la réponse parait évidente : briguerez-vous un nouveau mandat de député ? 
Si j’avais été président de Région, j’avais dit que je ne me représenterais pas. J’ai perdu la Région et j’ai démissionné, j’ai expliqué pourquoi. Je ne veux pas offenser les électeurs, mais ils me font confiance pour être actif et efficace. En tant que député, je le suis davantage que si j’étais conseiller régional d’opposition. Oui, je suis candidat.

Où en sont les négociations avec Les Républicains ? 
Il n’y en a pas pour l’instant. On a prévu avec Les Républicains de travailler dans le respect parce qu’on ne change pas d’alliance. Notre alliance naturelle, c’est Les Républicains et un espace central, même s’il y aura une recomposition après les élections. L’UDI ne se présentera pas contre les députés républicains sortants. Je soutiendrai Laure de la Raudière et Olivier Marleix.

Vous dites que l’œuvre collective sur le plan local est en train de payer. La Communauté de communes du Grand Châteaudun en est la preuve… 
Je suis content de l’état d’esprit. On a formé un vrai collectif et effectué du bon travail. Le sud est en train de s’organiser, de se fédérer. Il a vocation à exister. En termes d’attractivité et d’image, ça s’améliore. En un an, on a gagné 25 % d’offres d’emplois sur le territoire. Ici, on a été étrillé, on a connu la crise avant les autres, mais nous sommes dans une phase de rebond.

La présidence vous intéresse-t-elle ? 
On ne parle pas encore de répartition. J’ai montré que ce qui m’intéressait était de réussir le collectif. Cela a bien fonctionné avec Alain Venot, Jean-Paul Dupont… On décidera ensemble, dans les prochaines semaines, qui doit être devant. Mais je rappellerai une fois de plus qu’il y a le cumul des mandats. Je n’ai aucune stratégie personnelle sur le sujet.

Êtes-vous fier de la réussite des Champs de possible ? 
Et comment ! C’est un renouveau fabuleux pour Châteaudun. L’agriculture de demain va s’inventer ici. Ce sont dix-huit mois d’efforts récompensés. Il y aura pour les agriculteurs de nouveaux débouchés. Un moindre mal quand on voit l’année horrible qu’ils viennent de vivre. Et ce n’est pas fini. La rectrice viendra inaugurer le BTS numérique lundi prochain et, le 14 octobre, Agro-Dynamic développement et les Champs du possible fusionneront. De la sorte, on va gagner en efficacité.

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