Le scrutin du 26 mai prouve le besoin de réponses fortes aux fractures de notre pays

Même si elle est moins importante que prévue, l’abstention demeure particulièrement élevée, pour une élection dont les enjeux sont absolument majeurs pour l’avenir de la France.

L’abstention est, élections européennes après élections européennes, le grand vainqueur de ces scrutins.

Je prends acte de la victoire du Rassemblement National, au terme d’une campagne qui n’aura pas permis aux Françaises et aux Français de s’emparer du débat européen, dont nous avions pourtant véritablement besoin. Il s’agit d’un résultat inquiétant pour toutes celles et tous ceux qui sont, comme moi, profondément attachés à l’Europe et au projet européen.

Il va nécessairement jouer sur la capacité de la France à peser au niveau européen et sa crédibilité au niveau international.

Ce résultat vient confirmer la progression des populistes, phénomène présent dans toute l’Europe.

Il vient aussi traduire un profond malaise démocratique et des inquiétudes immenses face aux crises économique, sociale, écologique, migratoire, sécuritaire et culturelle que nous traversons. A cet égard, il serait précipité de considérer que la victoire du Rassemblement National constitue une sanction pour le Président de la République. Elle constitue un message pour l’ensemble des responsables politiques.

Ce scrutin a d’ailleurs montré à quel point les fractures territoriales étaient encore présentes avec des scores extrêmement élevées du Rassemblement National dans les territoires les plus en difficulté, en particulier dans certains territoires ruraux ou suburbains. Des réponses fortes devront leur être apportées.

Dans cette perspective, le Président de la République, qui a lui même lié politique nationale et européenne en s’engageant personnellement dans la campagne, doit tirer de ce résultat les conséquences qui s’imposent. Les décisions, parfois floues ou timides, annoncées à l’issue du grand débat national en faveur de plus de justice sociale et de décentralisation doivent être confirmées, amplifiées et accélérées. Cela doit passer par une nouvelle étape du quinquennat, marquée par un vrai virage social, territorial et écologique de la politique menée.