Moralisation de la vie politique : nous sommes encore loin du compte

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La majorité présidentielle a discrètement enterré une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron : l’obligation d’avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter à une élection.

Ce revirement est grave : il affaiblit la crédibilité du projet de loi pour la confiance dans la vie publique, qui doit absolument contribuer à retisser le lien de confiance entre les Françaises et les Français et celles et ceux qui les représentent. Avec le dispositif voté par la majorité, une personne condamnée pour détournement de fonds privés pourra toujours se présenter à une élection.

Ce recul n’est pas à la hauteur de la crise de confiance qui traverse la France.

Je souhaite donc que l’exemplarité et la probité ne soient pas réduites à des slogans de campagne, et j’appelle la majorité à passer enfin aux actes !

Dans cette perspective, je dénonce la frilosité du gouvernement sur le « verrou de Bercy ».

Il est temps de mettre fin à ce système qui donne à l’administration fiscale le monopole de la poursuite pénale en matière de fraude fiscale. Cette emprise de l’administration sur les fraudes fiscales est en totale contradiction avec les objectifs de transparence et d’indépendance de la justice. Il ne s’agit ni plus ni moins d’un bouclier judiciaire pour les plus fortunés.

Ces petits arrangements au sommet de l’Etat ne peuvent que donner à nos concitoyens le sentiment que les puissants ne dépendent pas de la justice de droit commun, que tous ne sont pas égaux devant la loi. C’est ce même sentiment qui nourrit la défiance des Français vis-à-vis des institutions et fragilise le pacte républicain.

J’appelle donc le gouvernement et la majorité à faire preuve de courage et à apporter une réponse forte aux attentes des Françaises et des Français en matière de moralisation de la vie publique. Nous sommes encore loin du compte.