Intervention sur le Pacte de stabilité 2016-2019

« La France va mieux » déclarait François Hollande le 14 avril dernier, avec l’aveuglement et le cynisme qui le caractérisent depuis le début de son quinquennat.

« La France va mieux » mais les salariés ne le voient pas au quotidien, ni sur leur feuille de paye, ni sur leur feuille d’impôts.

« La France va mieux » mais le nombre de chômeurs continue de battre des records mois après mois et les entreprises ne cessent de rencontrer des difficultés pour créer des emplois.

« La France va mieux » mais le nombre de jeunes précaires et de retraités pauvres augmente, et la confiance en l’avenir n’est plus là.

Non, monsieur le ministre, en réalité, la France ne va pas mieux.

Au contraire, elle s’est enlisée dans la crise depuis que vous êtes arrivés au pouvoir.

Le programme de stabilité que vous présentez aujourd’hui devant l’Assemblée nationale en est la démonstration éclatante et vous refusez, pour cette raison, de le soumettre au vote de la représentation nationale pour la deuxième année consécutive.

Ce programme de stabilité lève le voile sur l’ampleur de votre échec :

•   Vous aviez promis une croissance de 2,5 % en 2016: elle ne sera, au mieux, que de 1,5 %, malgré la conjoncture extraordinairement favorable dont vous bénéficiez pourtant.

•   Vous aviez également promis que la dette serait résorbée à 83,4 % du Produit Intérieur Brut: elle a explosé et culminera à 96,2 % à la fin de cette année, faisant peser sur chaque Française et chaque Français un poids toujours plus écrasant.

•   Vous aviez enfin promis que le déficit serait ramené à 3 % en 2013: vous avez bénéficié de multiples reports, les plus longs en Europe, pour parvenir à cet objectif.

En 2014, alors que toute la zone euro commençait à sortir de la crise, vous étiez les seuls à demander encore un délai.

Pour quels résultats ? Le déficit atteint 3,5 % en 2015 et malgré votre promesse non tenue, vous vous réjouissez que ce chiffre soit moins mauvais que les prévisions ne le laissaient présager.

Pire ! Vous vous êtes empressés de dilapider 5 milliards d’euros, que vous croyez être une « cagnotte », en multipliant des mesures démagogiques, sans autre objectif que de calmer une exaspération que vous avez-vous-même créée, à un an de l’élection présidentielle.

Le Président de la République est manifestement plus préoccupé par son avenir personnel, qu’il essaye de préserver à grands renforts d’annonces électoralistes, que par l’indispensable redressement des comptes publics.

Les yeux rivés sur 2017, il est d’ores et déjà en campagne, annonçant 6 milliards d’euros de cadeaux pour l’année prochaine, ceux-ci devraient en réalité être intégrés aux comptes de campagne du candidat socialiste.

Monsieur le ministre,

Vous avez également échoué sur la réduction des dépenses publiques.

Elles ont augmenté de plus de 90 milliards depuis votre arrivée au pouvoir, sans que vous n’amélioriez l’efficacité de l’action publique, au contraire !

Incapables de mettre en œuvre votre plan de 50 milliards d’euros d’économies, vous n’avez cessé, année après année, de décaler cet effort vers la fin du quinquennat.

20 milliards d’euros d’économies devraient être réalisés en 2017.

Qui peut y croire, alors même que vous avez systématiquement échoué depuis 2012 ?

Cette série d’échecs que je viens de souligner a une cause profonde : vous n’avez mené aucune des réformes structurelles dont la France a besoin.

Vous avez préféré la solution de facilité avec une augmentation de 85,5 milliards des prélèvements obligatoires depuis le début de quinquennat, ce qui a eu pour effet d’asphyxier les classes moyennes et de mettre tous les moteurs de l’économie à l’arrêt.

Monsieur le Ministre,

Ce programme de stabilité, c’est votre absence de stratégie et de courage qui a réduit à néant les efforts immenses demandés aux Français depuis le début du quinquennat.

Ce programme de stabilité, c’est l’absence de cap économique et de vision pour la France qui fait de François Hollande le Président aux 6 millions de chômeurs.

Ce programme de stabilité, c’est la photographie d’un pays qui va moins bien qu’avant l’élection de François Hollande.

Non, la France ne va pas mieux, et ce ne sont pas les mesures annoncées d’ici 2017 qui permettront le redressement de notre pays.

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