Soutien à Alain Juppé : mon interview dans l’Echo Républicain

L’UDI ne présente pas de candidat à la primaire. Soutenez-vous Alain Juppé par défaut

D’abord, je regrette qu’il n’y ait pas de candidat UDI. Si Jean-Louis Borloo avait été là, on aurait tous été derrière lui, et je suis convaincu qu’il aurait rassemblé de façon très large. Maintenant, ce n’est pas un choix par défaut, mais d’adhésion.

A la base, vous n’êtes pourtant pas un proche de d’Alain Juppé… 

Je le connaissais peu jusqu’à il y a trois ans. Il incarne un vrai rassemblement de la droite et du centre, il le porte en lui. Il est tout à fait favorable à ce qu’à côté d’une famille des républicains solide, il y ait une famille centriste qui soit également solide. Ensuite, dans les circonstances que vit notre pays, il faut un capitaine susceptible de barrer avec efficacité et une expérience internationale. Alain Juppé a été Premier ministre et à deux reprises ministre des Affaires étrangères. Il portera la voix de la France aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, alors qu’Hollande a abaissé l’image du pays et du président de la République. Ces propos prennent encore plus d’acuité maintenant que Donald Trump est élu et va faire du protectionnisme aux États-Unis. Enfin, la méthode de gouvernement de Juppé, avec des ordonnances sur un certain nombre de sujets dès l’été, me plaît. Il veut aller vite et créer un choc de confiance. Il a raison, on ne peut plus attendre ces réformes de fond sur l’emploi, la fiscalité, l’éducation…

L’homme parait austère, non ? 

Il n’est pas exubérant, mais à côté de ça, il est assez pince-sans-rire et il est sincère. C’est quelqu’un de chaleureux aussi. Je n’oublie pas qu’il est venu me soutenir lors des élections régionales, à Chartres.

Le soutien de François Bayrou, votre meilleur ennemi, cristallise les passions et les tensions parmi les huit candidats. Êtes-vous certain qu’il ne lui a rien promis

Oui, j’en suis sûr. C’est une caractéristique du personnage.

Donc, il ne vous a rien promis non plus

Absolument rien. Il m’a dit : “Je suis ravi que tu sois avec moi. Tu es président d’un groupe à l’Assemblée, ça compte pour moi”.

Mais Bayrou…

Bayrou ne sera pas Premier ministre, je ne suis même pas certain qu’il soit ministre. J’ai eu des moments de tension et de divergences avec lui. Mais, sincèrement, je préfère qu’il soutienne un candidat de la droite et du centre plutôt qu’il soit tenté comme il l’a été par l’aventure Hollande. Ça n’aurait pas de sens. Il faut une assise large pour gouverner. Et puis, sur Bayrou, faut pas trop en rajouter. Quand Christian Estrosi a été élu avec les voix de gauche en PACA, personne ne trouve rien à redire. Quand Xavier Bertrand est élu avec des voix de gauche, personne ne trouve rien à redire. Quand il y a des ministres socialistes sous Nicolas Sarkozy, personne n’en a fait des mètres et des mètres. Soyons sérieux, le but est de savoir qui va être capable de redresser la France. Il faut bien choisir, cela ne discrédite pas les autres. Sarkozy et Fillon sont des hommes d’État, mais on peut avoir une préférence, je l’affirme.

Quelle place peut justement espérer l’UDI dans un gouvernement Juppé

On apporte, déjà, dans le projet, dans le débat politique. Et on continuera à apporter si Alain Juppé est élu, tout en accompagnant des réformes courageuses. Il faut toutefois regarder les choses sans concession. Si nous avions eu un candidat, on aurait plus parlé de l’UDI. C’est une faiblesse de notre famille politique.

Les sondages se resserrent. Alain Juppé gagnera-t-il la primaire s’il termine en tête au premier tour, dimanche

C’est mieux de faire la course en tête. Mais je pense que ce sera plus serré qu’on le croit. Cela montre que les Français s’intéressent au débat politique et que l’électorat est en train de se former.

Et si Nicolas Sarkozy devait l’emporter, quelle attitude adopteriez-vous

Je suis mille fois favorable à la primaire et quoi qu’il arrive, je m’engage à respecter le résultat. Ce n’est pas un exercice où on prend ce qu’on veut quand on veut.

Juppé annonce qu’il ne fera qu’un mandat. Y êtes-vous favorable

Tout à fait. Il n’y a pas de réélection derrière, c’est mieux. Juppé aura des ministres qu’il gardera le plus possible et, si possible, cinq ans. Il y aura toujours des petites musiques deux ans à six mois avant, mais ils pourront toujours en faire. Comme il va agir et les premiers résultats tomberont, tout ira mieux.

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