Articles marqués avec ‘Tribunes’

Contre les pesanteurs de la technostructure, ma tribune dans le Parisien, 22 juillet

La carte grise est un exemple subi par tant de nos concitoyens, il y a peu !

Mais nous le vivons tous, dans nos démarches individuelles, dans les collectivités, les attentes des autorisations nécessaires, les résultats des différentes étapes demandent des délais considérables, d’autres formulaires et recours, qui empêchent la « respiration » dont notre pays, pour son développement, a besoin.

Retrouvez ma tribune, parue dans le parisien libéré le 22 juillet en cliquant sur ce lien :  http://m.leparisien.fr/politique/philippe-vigier-en-france-il-faut-six-mois-pour-une-carte-grise-22-07-2018-7829367.php

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138 jours pour agir : ma question au gouvernement

Mercredi 7 décembre , j’ai interrogé le nouveau Premier ministre à l’occasion de la première séance des questions au gouvernement post remaniement ministériel

Monsieur le premier ministre,

Au nom de notre groupe, je tiens à vous adresser tous mes vœux de réussite au service de la France.

Face à cette responsabilité, vous êtes, je le sais, lucide et humble :

Vous savez que vous ne devez pas votre nomination à une volonté de François Hollande de fixer un nouveau cap.

Oui, vous savez parfaitement que vous ne la devez qu’à la débâcle d’un Président de la République contraint de renoncer à briguer sa succession parce qu’il a menti, échoué et qu’il n’a cessé d’abaisser la fonction présidentielle.

Pour autant, il reste 138 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle.

L’Elysée et Matignon ne doivent pas se transformer en une haute autorité des primaires socialistes, se contentant d’expédier les affaires courantes de la France, car vous devez assumer des choix cruciaux :

Allez-vous faire respecter le choix du peuple à Notre-Dame-Des-Landes ?

Allez-vous amplifier les baisses des charges pour donner plus de compétitivité à nos entreprises et prendre des décisions fortes pour faire face à la crise agricole ?

Allez-vous dire non à l’adhésion de la Turquie en Europe ?

Allez-vous faire entendre la voix de la France pour que le Brexit constitue une opportunité de refonder une Europe forte ?

Allez-vous refuser le TAFTA si les États-Unis persistent à appliquer leur droit national aux entreprises européennes ?

Allez-vous apporter enfin de vraies réponses aux chômeurs, aux jeunes, aux retraités, et aux classes moyennes, qui sont les premières victimes de votre politique ?

En un mot, Monsieur le Premier ministre, allez-vous faire ce qui n’a pas été fait en quatre ans : gouverner ?

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Dimanche pas une seule voix ne doit manquer à Alain Juppé!

Dimanche, vous êtes face à un choix décisif : désigner celui ou celle qui portera le projet d’alternance de la droite et du centre à l’élection présidentielle de 2017. Ce choix est grave car le vainqueur de la primaire fera face à un triple défi : mettre un terme à la désastreuse expérience socialiste, empêcher l’accession au pouvoir de Marine Le Pen et affronter la profonde crise de confiance que la France traverse. Ce choix est grave car la menace terroriste d’une ampleur inédite, le chômage de masse et les nouveaux rapports de force internationaux, qui se dessinent avec l’élection de Donald Trump, exigent que la France fasse entendre sa voix avec autorité et discernement.

Dimanche, comme des milliers de Françaises et de Français, je voterai Alain Juppé car j’ai la conviction qu’il s’agit du meilleur choix pour l’avenir de notre pays.

Comme tous les sondages le démontrent les uns après les autres, Alain Juppé est le candidat de la droite et du centre le mieux placé pour arriver en tête au premier tour et gagner largement au second.

Il sera le meilleur Président de la République possible : son expérience est un atout capital, son projet est unanimement considéré comme le plus réaliste, ce qui garantit qu’il sera appliqué à la lettre.

Je vous appelle par conséquent toutes et tous à vous mobiliser pour le placer en tête dès le premier tour.

En votant pour Alain Juppé, je vote pour le meilleur rempart contre la gauche et le Front National.

Les mensonges, la dissimulation et les caricatures ne mènent qu’à l’échec. Le quinquennat de François Hollande en est la preuve, tout comme l’impuissance politique qui, depuis trop longtemps, précipite le déclin de la France. Il faut en finir avec l’immobilisme ! Pour cela, Alain Juppé a fait le choix de la clarté et de la crédibilité pendant toute cette campagne : tout dire avant pour tout faire après. Sa capacité à tenir ses engagements, à affronter la réalité sans reniements, et à obtenir des résultats concrets sont la meilleure arme contre une gauche prisonnière de ses contradictions idéologiques et contre le projet de déclin national porté par Marine Le Pen. Il est seul le candidat qui nous garantit la victoire !

En votant pour Alain Juppé, je vote pour le candidat qui saura rassembler sa famille politique et la France.

Face au terrorisme et à la mondialisation, la France ne peut pas se permettre la moindre division ou la moindre hésitation, qui serait immédiatement perçue comme une fragilité ou une faiblesse. Alain Juppé ne sera pas le Président de la République des petites phrases, des coups de mentons et des clivages artificiels, qui opposent, divisent et conduisent aux reculs, aux blocages, et à l’inaction. Il sera celui du rassemblement de la droite et du centre, et de la France. Sa volonté constante d’apaiser et de rassembler n’est pas une faiblesse mais une force : elle est la marque d’une autorité authentique, témoigne de sa volonté de fédérer, de diriger un Etat fort et efficace, et d’incarner une France fière de ses valeurs, de son identité, et de sa culture.

En votant pour Alain Juppé, je vote pour le candidat qui propose une alternance radicale à la politique menée par François Hollande.

Pour en finir avec les mensonges de François Hollande sur l’inversion de la courbe du chômage, Alain Juppé soutiendra nos entreprises en baissant les charges, en créant des contrats de travail plus souples, et en sortant des 35 heures. Pour mettre un terme au matraquage fiscal de François Hollande, qui frappe les classes moyennes et les retraités, il réduira les dépenses publiques et mettra en place un système unique de retraites qui revalorisera les pensions. Pour soutenir nos territoires ruraux, abandonnés par François Hollande, il mettra en œuvre un grand plan de lutte contre la désertification médicale, pour la couverture en téléphonie mobile, la couverture numérique et protégera le petit commerce. Il se battra pour faire de notre agriculture une filière d’excellence, et pour valoriser nos savoir-faire artisanaux et industriels. Pour faire plus pour assurer la sécurité et en finir avec le laxisme d’Etat, il restaurera l’autorité de l’Etat, augmentera les moyens de la police, de l’armée et du renseignement et musclera la réponse pénale face aux délinquants, aux criminels et aux terroristes islamistes.

La fonction présidentielle et, à travers elle, la France, est abîmée depuis trop longtemps.

Dimanche, faites le choix d’un mandat pour agir.

Dimanche, votez et faites voter Alain Juppé.

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La vie démocratique n’est ni un luxe ni un privilège, et ne doit jamais le devenir : ma tribune dans l’Humanité

Après avoir profondément bouleversé les règles du temps de parole pour la campagne présidentielle et tenté de supprimer l’envoi postal du matériel électoral pour les élections départementales et régionales, la majorité récidive cette année, avec une nouvelle tentative d’atteinte à notre démocratie.
La dématérialisation du matériel de propagande électorale pour les élections législatives de 2017, que l’Assemblée nationale vient fort heureusement de rejeter, aurait constitué un déni de démocratie grave, alors même que le peuple a aujourd’hui le sentiment de ne plus être écouté.
En premier lieu, la suppression de l’envoi des professions de foi et des bulletins de vote, qui constitue l’unique moyen d’information d’un quart de la population, aurait constitué une rupture d’égalité entre les citoyens, qui n’auraient pas eu le droit d’être informés de la même manière.
En effet, cette mesure aurait rayé des listes électorales toutes celles et ceux qui ne disposent pas d’un accès à Internet, parce qu’ils vivent dans un territoire rural dans lequel la couverture numérique est imparfaite ou inexistante. Elle aurait également pénalisé toutes celles et ceux qui n’ont qu’une maîtrise imparfaite d’Internet, en particulier les personnes âgées. Enfin, elle aurait été un coup dur pour les foyers les plus modestes qui n’ont pas toujours les moyens d’avoir un ordinateur ou une connexion Internet à domicile.

Deuxièmement, cette mesure aurait avantagé les grands partis politiques, qui ont les moyens financiers d’acheminer autrement les professions de foi ou les bulletins de vote, et ce au détriment des petits partis politiques.
La dématérialisation de la propagande électorale aurait par conséquent constitué un obstacle supplémentaire pour les candidats aux moyens plus faibles. Cette évolution aurait été contraire aux aspirations des Français, qui se reconnaissent de moins en moins dans le clivage entre la droite et la gauche, attendent et espèrent un débat politique plus riche, des candidats nouveaux, qui leur permettent de faire un choix qui soit le plus fidèle possible à leurs convictions Cette rupture d’égalité devant l’information et cette atteinte au pluralisme auraient organisé l’exclusion de milliers d’électeurs et d’électrices et augmenté dramatiquement le taux d’abstention.

Enfin, comment ne pas voir que la suppression de l’envoi postal du matériel électoral aurait fragilisé un de ces moments symboliques, un de ces moments forts, autour desquels s’organise notre démocratie ?
La propagande électorale, dans sa version papier, revêt incontestablement une dimension affective : dans de nombreuses familles, les bulletins de votes et les professions de foi sont étalés sur la table, et donnent lieu à des échanges, des comparaisons entre les programmes, des débats passionnés, parce que les Françaises et les Français aiment la politique ! Alors que le fossé entre la classe politique et nos compatriotes ne cesse de se creuser, il est important de maintenir la réception de ces documents, qui donne lieu à un rituel et participe de notre attachement collectif à la démocratie, du lien de proximité entre le peuple et celles et ceux qui aspirent à parler en son nom.
Les 180 millions d’euros que cette mesure aurait permis d’économiser sont donc bien dérisoires au regard des enjeux fondamentaux soulevés par cette problématique. Commençons par dématérialiser les permis de construire ou les délibérations des conseils municipaux : ce sont des gisements d’économies qui ne mettraient pas en péril les fondements de notre démocratie. La participation à la vie démocratique n’est ni un luxe ni un privilège, et ne doit jamais le devenir.

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Hollande – Valls

Alors que des milliers de Françaises et de Français subissent encore de plein fouet les conséquences d’une crise économique et sociale terrible, et que la menace du terrorisme islamiste est toujours présente, le spectacle de François Hollande et Manuel Valls, accaparés par la guerre qu’ils se livrent en vue de 2017, est absolument indigne et inacceptable.

François Hollande est le principal responsable de cette situation. Depuis le début du quinquennat, il n’a cessé d’abaisser la fonction présidentielle avec ses mensonges, ses revirements incessants, et sa pratique du pouvoir.

Aujourd’hui, sa légitimité est contestée jusque dans son propre camp.

Tout cela n’aurait pas d’importance s’il ne s’agissait que des querelles de la gauche, mais la France est à la croisée des chemins.

Nous devons restaurer l’autorité de l’Etat et assurer la sécurité des Françaises et des Français, refonder l’école, renouer avec la croissance et l’emploi en permettant à nos entreprises d’être plus compétitives.

Nous devons surtout proposer un cap pour le pays, en particulier pour la jeunesse, qui a été délaissée par François Hollande.

Je crains pourtant que les derniers mois du mandat de François Hollande soit à l’image de son quinquennat.

A travers les primaires de la droite et du centre, je m’engage donc pour réussir une véritable alternance et j’appelle toutes celles et tous ceux qui estiment que la France a été trop abîmée à faire de même !

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Soutien à nos forces de l’ordre

François Hollande a commis trois erreurs graves en arrivant au pouvoir : il a jeté la suspicion sur nos forces de l’ordre en faisant des contrôles aux faciès l’alpha et l’oméga de sa politique de sécurité, promis des embauches supplémentaires qui peinent à se concrétiser, et engagé une politique pénale laxiste à laquelle je me suis opposé.

Aujourd’hui, nos forces de l’ordre sont victimes d’agressions criminelles absolument intolérables et nous devons réagir avec fermeté alors que des zones de non-droit se multiplient sur le territoire de la République.

Pour assurer notre sécurité, nos policières et nos policiers doivent également pouvoir assurer la leur, avec des moyens supplémentaires pour travailler et des peines exemplaires pour les barbares qui s’en prennent à eux. Je comprends leur exaspération et je soutiens leurs manifestations.

Il s’agit maintenant de prendre des mesures fortes pour dire notre reconnaissance à la police, et lui redonner confiance.
Je crois indispensable de procéder d’urgence à des embauches supplémentaires parce que la charge de travail est considérable.
Il faut également aligner les conditions d’exercice de la légitime défense des policiers sur celle des gendarmes et permettre aux policiers de faire usage de leur arme après une première sommation.
Enfin, nous devons absolument muscler notre réponse judiciaire et pénale.

L’autorité de l’Etat, que François Hollande ne cesse d’affaiblir un peu plus chaque jour, est aujourd’hui en jeu.

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Des primaires oui, mais seulement pour transformer la France en profondeur

L’échec de François Hollande est désormais évident. Il a considérablement aggravé le discrédit dont la parole politique souffrait et nourrit l’idée d’une impuissance du politique, ce qui rendra fatalement la tâche du prochain Président de la République délicate. Il faut maintenant préparer l’alternance. Pour cela, les primaires de la droite et du centre ne doivent pas se résumer à un casting de candidats persuadés que la transformation de la France importe moins que la conquête du pouvoir. Elles doivent être le premier acte d’un quinquennat qui permettra de porter un vrai changement.

Pour réussir les réformes indispensables, le premier impératif du candidat de la droite et du centre sera de gagner la confiance des Français. La confiance est la condition même de la réussite. Elle repose sur une exigence : dire la vérité, sans détours ni caricatures et annoncer les réformes qui vont être menées. Il est impossible de mener une politique adaptée à la réalité en faisant campagne sur le mensonge et la dissimulation. La triste expérience socialiste le démontre. Il faut être capable de s’extirper du tumulte de l’actualité, d’éviter les déclarations à l’emporte-pièce, les surenchères de dernière minute et les promesses électoralistes.

Le second impératif pour le candidat de la droite et du centre est de se doter d’une véritable méthode de gouvernance. Les réformes qui permettront de mettre le quinquennat sur les rails de l’efficacité dès les premières semaines doivent être préparées avant les élections législatives, afin que la nouvelle Assemblée nationale puisse en débattre sans perdre une seule seconde. Cette méthode nécessitera également pédagogie et modération : il faut dessiner un cap clair, s’appuyer sur des résultats, pas sur des « ça va mieux » et des paris sur la courbe du chômage, qui ne font que nourrir la colère. Gouverner suppose enfin de pouvoir s’appuyer sur une majorité équilibrée. Museler ou négliger le centre ne ferait qu’engendrer une majorité étriquée et impuissante. A contrario, un groupe central à même de peser sur les grandes orientations du quinquennat constituerait un atout formidable pour une majorité de la droite et du centre.

Enfin, le dernier impératif sera d’actionner trois leviers essentiels à la transformation de la France. Je soutiendrai un candidat européen, qui opposera au « Frexit » de Marine Le Pen que les vrais patriotes sont Européens. La France ne pourra pas se redresser si l’Europe continue de s’affaiblir. Il faut moins d’Europe pour mieux d’Europe sur quatre chantiers : la compétitivité et la lutte contre la concurrence déloyale, la lutte contre le terrorisme, la maîtrise de l’immigration et la création d’une force d’intervention européenne. Je soutiendrai un candidat pour qui les institutions doivent s’adapter à une nouvelle donne. S’adapter pour permettre à toutes les sensibilités politiques d’être représentées, en instaurant une dose de proportionnelle aux élections législatives. S’adapter pour protéger contre la menace terroriste, avec un Etat fort, qui se concentre sur ses missions prioritaires que sont la sécurité, la défense, la justice. S’adapter pour encourager l’esprit d’entreprise en cessant de multiplier les impôts et les normes et de générer de l’instabilité fiscale. Je soutiendrai un candidat pour qui l’école, la formation professionnelle, l’apprentissage et l’alternance sont les armes les plus efficaces contre le chômage. Donnons la priorité au primaire pour mettre un terme au drame du décrochage scolaire et inventons l’école de demain, une école qui s’ouvre enfin à l’entreprise, avec plus d’autonomie pour le corps enseignants, plus de numérique et de langues étrangères.

Sans confiance, sans méthode, sans ces trois ambitions, les primaires ne fabriqueraient que de l’impuissance et de la défiance. Ce sont par conséquent ces attentes qui devraient guider celles et ceux qui, comme moi, espèrent qu’elles seront la rampe de lancement d’une alternance plus que jamais nécessaire.

HuffingtonPost

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Pour que la primaire de la droite soit aussi celle du centre

A l’approche de l’élection présidentielle, le centre est inlassablement confronté à l’épineuse question du leadership. Il faut pourtant que la boussole soit vraiment désorientée pour expliquer les mains tendues qui ont suivi la démission d’Emmanuel Macron. Se jeter dans les bras de celui qui, depuis 2012, a défini puis mis en œuvre la politique que nous combattons me semble au mieux précipité, au pire imprudent. Est-il un seul instant imaginable que le canot de sauvetage utilisé par Emmanuel Macron pour quitter le pédalo de François Hollande fasse office de point d’ancrage pour le centre ? Non.

Je regrette que le centre ne puisse pas présenter une candidature crédible à la primaire mais j’ai la conviction que l’exigence est d’y prendre part. La non-participation du centre à la primaire serait une erreur.

Tout d’abord parce que notre alliance avec Les Républicains est naturelle. Nous avons gouverné avec eux de 2007 à 2012. Nous nous sommes opposés ensemble à la politique de François Hollande. Cette alliance est aujourd’hui indispensable tant le second tour semble promis à Marine Le Pen. Ne pas participer à la primaire, tenter une aventure solitaire ou un renversement des alliances, ce serait ajouter de la division et de la confusion à un climat politique instable et prendre le risque que la droite et le centre soient absents du deuxième tour de l’élection présidentielle.

Dynamique de l’alternance. Ensuite parce que la primaire est au cœur de la dynamique de l’alternance et qu’il s’agit par conséquent de la meilleure manière de peser sur le futur projet présidentiel. Nous devons y faire passer des messages : nous sommes les seuls à dire que les vrais patriotes sont européens, qu’une réforme des institutions est un préalable à toute autre réforme, que l’Etat ne peut être fort que si nous faisons confiance à l’intelligence des territoires. Nous sommes les seuls à dire que les batailles pour la compétitivité et pour les droits des salariés se confondent, les seuls à considérer que l’éducation, la transition écologique et la maîtrise de la dépense publique sont les différentes facettes d’un même modèle de développement soutenable. Si nous n’allons pas voter à la primaire, ces idées ne seront pas prises en compte.

Enfin, ce n’est pas à huit mois de l’élection présidentielle qu’une vraie refondation politique peut s’opérer. En revanche, la participation du centre à la primaire nous permettra, dans le cadre d’un accord de gouvernement, de réussir cette indispensable recomposition. Elle passera par la création d’un groupe central à l’Assemblée nationale. Ce groupe réunira celles et ceux qui, sur des sujets aussi essentiels que l’emploi, la sécurité ou la modernisation de la France, veulent dépasser les clivages partisans qui nous divisent artificiellement et apporter leur concours loyal et exigeant à l’action d’un président de la République issu de la droite et du centre. Dans ce cadre seulement, le temps du dialogue avec Emmanuel Macron viendra sans doute. Il ne pourra se faire que sur la base des propositions que nous avons défendues pendant quatre ans sans qu’elles ne rencontrent de vrai écho auprès du gouvernement actuel et autour d’un collectif que nous avons patiemment construit.

J’appelle toutes celles et tous ceux qui se sentent proches des valeurs du centre, militants ou pas, à prendre part à la primaire, à peser dans la balance avec leurs suffrages, et à participer ainsi au projet d’alternance et au quinquennat à venir pour redresser le pays.

A lire dans L’Opinion

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« Au-delà de l’état d’urgence, des mesures plus efficaces pour mieux nous protéger »

Cette semaine, le groupe UDI a obtenu le contrôle parlementaire sur l’état d’urgence, qui devra absolument s’accompagner d’un débat à la rentrée sur la stratégie de lutte contre le terrorisme. Avec un seul objectif : l’efficacité.

C’est justement au nom de l’efficacité que je refuse de tomber dans les querelles politiciennes, en critiquant gratuitement le gouvernement ou en prenant part à la bataille de chiffonniers sur la gestion des effectifs de policiers et gendarmes.

La sécurité est la première des libertés : j’ai donc soutenu l’exécutif dans sa décision de prolonger l’état d’urgence pour une quatrième fois, comme j’ai soutenu tous les textes du gouvernement depuis 3 ans lorsqu’ils visaient à mieux protéger les Français.

Néanmoins, je constate que cet attentat meurtrier, le jour de notre fête nationale, montre qu’il existe encore des failles. Et il faut tout faire pour les combler. Bien sûr, le risque zéro n’existe pas. Prétendre le contraire serait mentir de manière irresponsable. Mais notre devoir est de tout mettre en œuvre pour protéger les Français. Depuis le 11 septembre 2001, la France ne s’est pas suffisamment préparée à lutter contre cet ennemi barbare. Depuis l’attaque contre Charlie Hebdo, le gouvernement a renforcé notre arsenal de lutte contre le terrorisme, mais il n’a pas tout essayé, il ne l’a pas encore fait suffisamment.

Avant tout, je crois qu’il faut avoir le courage de dire que nous sommes dans une guerre globale, totale et durable. Nous avons été frappés par trois attentats de grande ampleur depuis le 7 janvier 2015. Nous n’avons pas le droit de considérer que notre ennemi est rassasié après les assassinats ignobles de Nice. La récente attaque à la hache chez nos voisins allemands nous rappelle cruellement que l’assaillant a toujours des nouveaux moyens pour frapper. Le mot « guerre » doit donc entrer dans les têtes et les Français doivent accepter de vivre autrement, pendant le temps de cette guerre.

Ce n’est pas parce que nous sommes en guerre ou que nous prolongeons l’état d’urgence que nous risquons de fragiliser la démocratie et toutes les valeurs en lesquelles nous croyons, c’est au contraire en prenant le risque de perdre cette guerre contre Daesh, en laissant la barbarie triompher de la civilisation.

La question des mesures exceptionnelles, allant de l’assignation à résidence avec les bracelets électroniques jusqu’à la privation de liberté pour les individus représentant une menace terroriste, doit donc plus que jamais être posée. Nous devons également interdire aux individus qui partent faire le djihad de revenir sur notre territoire.

Il faut également prévoir des sanctions beaucoup plus importantes pour ceux qui incitent à la haine sur internet ou dans les prisons. Il faut accélérer l’expulsion des Imams prêcheurs de haine et la dissolution des mosquées salafistes. Pour empêcher les passages à l’acte terroriste, il faut également que les centres de déradicalisation puissent fonctionner correctement. Ces centres doivent donc être installés dans des enceintes militaires existantes, afin de tenir compte des fortes réticences des populations et des maires à accueillir de tels centres dans leurs communes.

Je souhaite aussi que nous musclions notre machine judiciaire, trop laxiste, face à cet ennemi lâche et barbare. Il est inacceptable que l’assassin du couple de policiers soit sorti après six mois de prison, alors qu’il avait été condamné pour terrorisme.

Les conclusions de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats, qui sont pertinentes, doivent être mises en œuvre le plus rapidement possible. A commencer par la refonte de notre système de renseignement avec la mise en place d’une direction unique.

Enfin, il faut intervenir au sol, en Irak, pour aider les forces de sécurité irakiennes qui se préparent à attaquer Mossoul. Cette intervention, qui ne peut se faire que dans le cadre d’une initiative de la communauté internationale et en collaboration avec les armées régulières de la région, permettrait d’affaiblir considérablement Daesh.

Ce sont toutes ces mesures qui doivent permettre de mieux protéger les Français avec efficacité, et pas seulement la prolongation de l’état d’urgence. Nous devons les mettre en œuvre pour répondre à la colère et à l’immense inquiétude dans notre pays.

A lire dans l’HuffingtonPost

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Hommage à nos forces de l’ordre

Alors que se tenait mardi la dernière manifestation contre la loi travail, laquelle mobilise plus de 1 200 policiers et gendarmes, j’aimerais rendre hommage aux forces de l’ordre, qui depuis quatre mois assurent la sécurité des Français avec professionnalisme et dévouement. Malgré leur fatigue, elles sont sur tous les fronts : immigration clandestine à Calais, menace terroriste, Euro de football, zadistes en colère, violences urbaines tolérées par l’exécutif qui ne donne pas les ordres nécessaires à l’interpellation d’individus préalablement identifiés…

Il y a une dizaine de jours, la préfecture de police a justifié une interdiction par l’« épuisement des forces de police qui ont été mobilisées au plan national dans le service d’ordre de plus de 1 500 manifestations ». La seule journée du 14 juin avait engendré la dégradation d’un hôpital et blessé 200 policiers et gendarmes ! Débordées, elles sont en colère parce que ce qui était interdit hier est aujourd’hui autorisé, alors que l’on sait pertinemment que les rassemblements peuvent se terminer par des débordements insupportables.

Conscientes que le droit de grève est sacré même sous l’état d’urgence, elles font tout pour protéger les manifestants, dans des conditions de maintien de l’ordre particulièrement difficiles.

Amères, elles subissent de plus en plus les violences de voyous venus expressément pour les frapper – on se souvient de l’incendie en plein Paris d’une voiture de police avec deux fonctionnaires à son bord. Depuis le début du conflit, près de 600 policiers et gendarmes ont été blessés…

Frustrés, elles sont lasses du décalage entre les discours du gouvernement et la réalité de leur travail quotidien sur le terrain. Alors que leurs missions s’empilent, aucun jour de récupération ni aucune prime ne leur a été proposée.

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, 12 500 postes de policiers et gendarmes ont été supprimés. François Hollande avait de son côté promis 9 000 emplois supplémentaires : seuls 390 ont été créés sur la période 2012-2015. Quant à ceux inscrits au budget 2015, ils ont été amputés de 2 685 postes : en plein état d’urgence, le gouvernement a donc privé le pays de 1 390 policiers et de 1 077 gendarmes !

Notre priorité absolue devrait être de soulager nos forces de police et de gendarmerie, afin de faire disparaître chez elles un sentiment de perte de sens du métier et d’améliorer des conditions de travail rendues impossibles par le manque d’effectifs et les difficultés matérielles.

Il y a urgence à restaurer l’autorité de l’Etat, c’est une question de volonté politique. Non, la violence n’est pas une fatalité : si les forces de l’ordre avaient des instructions claires, elles auraient les moyens de protéger nos concitoyens.

Je demande une nouvelle fois que les manifestations soient interdites pendant l’état d’urgence, comme le gouvernement aurait dû le faire depuis le début. Il ne peut y avoir un état d’urgence à géométrie variable, seule compte la sécurité des Français.

Nous devons enfin être particulièrement vigilants sur la question du volontariat qui subit, depuis plusieurs années, une crise entraînant une diminution importante et régulière des effectifs. Il faut tout mettre en œuvre pour rendre plus attractif l’engagement volontaire par une politique nationale ambitieuse.

Solidarité indéfectible et sincères remerciements à nos forces de l’ordre, dont la mobilisation de tous les instants exige notre respect le plus profond.

A lire dans Valeurs Actuelles

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L’utilisation du 49-3 n’est que le reflet de l’immobilisme dans lequel François Hollande a plongé notre pays

Hier après-midi, le gouvernement a décidé de passer en force sur la loi travail en recourant une seconde fois à l’article 49-3 dans le but de l’adopter définitivement et sans vote.

La France a donc une nouvelle fois été prise en otage, à un moment où elle devait débattre de l’emploi, première préoccupation de six millions et demi de Français qui en sont privés. L’Assemblée nationale a été humiliée et transformée en vitrine des divisions de la gauche.

Malgré les reculs incessants qui ont vidé le texte de sa substance, malgré les stratégies de couloir pour acheter les uns et marchander avec les autres, la majorité de gauche n’existe pas.

Hier, en enterrant la discussion parlementaire, François Hollande a définitivement abandonné le peu de crédibilité qui lui restait.

Après plus de quatre années de reniements et de mensonges, on savait que celui qui qualifiait l’usage du 49-3 de « brutalité » et de « déni de démocratie » était bien incapable de tenir ses promesses.

On sait désormais qu’il ne dispose ni des moyens nécessaires pour conduire la mission qui lui a été confiée par le peuple français, ni du soutien pour mener les réformes dont ce pays a tant besoin.

Alors qu’il a déjà utilisé par quatre fois la procédure du 49-3 depuis 2012, l’exécutif foule une cinquième fois au pied le travail des parlementaires, en faisant le choix de clôturer le débat avant même que les députés aient pu voter le moindre amendement.

Lasse de cette comédie, l’UDI n’a cette fois-ci pas déposé de motion de censure. Je crois en effet que le rôle de l’opposition n’est ni de servir de témoin aux règlements de comptes du parti socialiste, ni de se rabaisser à engager la responsabilité d’un gouvernement de toute façon parfaitement irresponsable.

L’utilisation du 49-3 sur un projet de loi préalablement vidé de toute volonté de réforme parle d’elle-même: elle n’est que le reflet de l’immobilisme dans lequel François Hollande a plongé notre pays.

Après avoir réussi l’exploit de couper la gauche puis les syndicats en deux, François Hollande peut se targuer d’avoir réussi celui de nier la représentation nationale en refusant tout dialogue avec l’opposition sur un sujet aussi prioritaire que celui de l’emploi. Les Français en ont assez: ils veulent que la mascarade s’arrête!

Quel spectacle affligeant que ce gouvernement aux abois, sans majorité ni autorité pour faire adopter une loi sans ambition, et dont la seule issue est le renoncement…

Chaque seconde qui passe est une seconde perdue pour la France: préparons l’alternance!

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Notre faiblesse n’est pas l’Europe, mais l’absence d’Europe

Aujourd’hui, le Royaume-Uni se prononce sur son appartenance à l’Union européenne. Faite de nombreuses exceptions et exemptions, elle témoigne de l’intérêt essentiellement économique que représente l’Europe aux yeux des Britanniques. Le PIB du Royaume-Uni a d’ailleurs doublé depuis 1973, date de son adhésion à la Communauté économique européenne.

Alors que l’OCDE note déjà un net recul du taux de change de la livre sterling par rapport au dollar et à l’euro, les prévisions montrent que les Britanniques auraient économiquement tout à perdre s’ils se prononçaient en faveur d’un Brexit. En effet, la perte de revenu annuel pourrait aller jusqu’à 2000 livres par habitant. Par ailleurs, les autorités britanniques seraient contraintes de prendre en charges des dépenses actuellement réalisées grâce à 7 milliards d’euros de subventions communautaires.

Au-delà de l’aspect économique, un départ du Royaume-Uni fragilisera l’Europe en donnant du crédit à ses adversaires. Son maintien n’évitera pas non plus un affaiblissement grave et durable de l’Union européenne, puisqu’il n’éteindra pas la crise identitaire, culturelle et politique profonde qu’elle traverse.

Parce que l’euroscepticisme ne peut plus être combattu sur la base d’un projet uniquement économique, la France doit proposer un nouveau cap et redevenir le moteur de la construction européenne, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être.

J’ai bien conscience que l’Europe est en panne, qu’elle décide souvent mal, pas assez vite, que sa légitimité est contestée et sa crédibilité fragilisée, mais je crois pourtant qu’elle seule peut permettre à la France de profiter des opportunités de la mondialisation et de faire face à l’émergence de nouvelles menaces. Je suis persuadé que l’Europe est la seule voie pour la France.

Je suis totalement opposé à la conception de l’Europe à la carte défendue par le Royaume-Uni et à la tentation du repli sur soi : la France doit absolument et rapidement opposer enfin une vision ambitieuse de l’Europe, qui transcende les égoïsmes nationaux.

Afin d’éviter que le scénario britannique ne se répète, il y a urgence dans quatre domaines.

Premièrement, la France doit faire en sorte d’œuvrer en faveur d’une politique étrangère et de défense commune, afin de mettre sur pied une force d’intervention européenne. C’est la seule manière de permettre à l’Europe d’être en première ligne pour lutter contre le terrorisme et assurer la sécurité des Français.

Deuxièmement, elle doit insister pour que soit engagée sans plus tarder une politique commune de sécurité intérieure, ce qui passe par la création d’une police européenne et par un échange permanent automatisé entre les services de renseignements des Etats membres.

Troisièmement, alors que plus de 10.000 migrants ont trouvé la mort en Méditerranée depuis deux ans, il faut à tout prix en finir avec les drames humains qui se jouent à Calais, Lampedusa ou Vintimille. La plus grande priorité doit être donnée à une politique migratoire et d’asile commune, qui recense au niveau de l’Europe nos besoins démographiques et économiques, fasse converger les différents systèmes de traitements des demandes d’asile et prenne en compte les spécificités de chaque Etat afin qu’ils participent tous à l’effort d’accueil en fonction de leurs capacités. Nous pourrons alors lutter contre l’immigration illégale tout en respectant la dignité humaine.

Enfin, pour faire enfin de l’Europe un levier de croissance et d’emploi utile aux entreprises et aux citoyens, il est indispensable de mettre en place un gouvernement économique, un parlement de la zone euro et un budget européen.

Sans ces initiatives ambitieuses et courageuses, l’Europe et la France se trouveront encore plus affaiblies et en grand danger.

Face à la menace sournoise que représente la barbarie de Daesh, l’idéal de paix sur lequel s’est construit l’Europe est plus que jamais d’actualité. Ayons le courage de dire haut et fort que les véritables patriotes sont européens: notre faiblesse n’est pas l’Europe, mais l’absence d’Europe.

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S’en prendre à un hôpital pour enfants est insupportable, méprisable et honteux

L’Hôpital Necker, l’hôpital des enfants malades, a été mardi la cible d’un véritable pugilat durant les manifestations contre la loi travail.

Derrière la quinzaine de baies-vitrées qui ont été défoncées à la masse se trouvaient des équipes soignantes, ainsi que des enfants qu’elles accueillent et guérissent.

Ironie de l’histoire, c’est aussi à l’Hôpital Necker que le petit garçon orphelin du couple de policiers assassinés lundi soir avait été admis. C’est donc à cette France qui protège les plus fragiles que ces voyous se sont attaqués.

Je le dis avec d’autant plus de force que j’ai eu le privilège, dans ma carrière, de travailler à l’Hôpital Necker : s’en prendre à un hôpital pour enfants est insupportable, méprisable et honteux.

C’est s’attaquer aux professionnels de santé, dont les compétences, mais aussi l’humanité et l’écoute, sont indispensables aux personnes malades et à leurs proches. C’est s’attaquer à ses patients, des enfants qui souffrent. C’est s’attaquer aux valeurs de notre Nation : notre système de soins mais plus encore, notre vivre-ensemble, notre attachement à la solidarité.

Après ces actes barbares, aucune limite ne semble désormais infranchissable dans la violence gratuite. C’est pourquoi il faut immédiatement mettre un terme à l’entreprise de terreur que mènent ces minorités agissantes.

Premièrement, la plus grande fermeté doit être opposée à ceux qui ont participé à ces violences. Des sanctions exemplaires doivent être prises.

Deuxièmement, la responsabilité civile et financière de la CGT doit évidemment être engagée. Il faut que les masques tombent : la CGT est responsable de l’organisation de ces manifestations, elle est donc complice de ces violences. Le préfet de police de Paris a lui-même évoqué une forme de solidarité, au moins passive, entre les casseurs et les manifestants cégétistes. Et constaté qu’en fin de manifestation, un groupe de 100 à 200 grévistes avait aussi participé à des actes de violence.

Enfin, je demande que les manifestations soient interdites pendant l’état d’urgence, comme le gouvernement aurait dû le faire depuis le début. Il ne peut pas y avoir un état d’urgence à géométrie variable, seule compte la sécurité des Français.

Dans quel monde vit François Hollande, qui laisse un pays en état d’urgence s’enfoncer chaque jour un peu plus dans un état de violence, lorsqu’il propose d’interdire les manifestations « si elles sont dangereuses pour les personnes et les biens » ? Il faut croire que le président est totalement déconnecté du quotidien des Français, qui subissent depuis de trop longues semaines blocages, grèves et casse.

Solidarité indéfectible à nos forces de l’ordre, dont la mobilisation de tous les instants et sur tous les fronts exige notre respect le plus profond. Soutien reconnaissant à l’ensemble des professionnels de santé, dont le dévouement devrait couvrir de honte ceux qui s’en sont pris à cet hôpital.

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Savoir arrêter une grève

Le premier ministre vient d’annoncer une série de mesures pour venir en aide à la SNCF : l’Etat va débloquer 100 millions d’euros pour rénover le réseau ferroviaire et s’engage à maintenir l’équilibre économique des lignes Intercités lourdement déficitaires. Jusqu’ici, la situation sociale était explosive. François Hollande n’avait fait qu’ajouter de la confusion à la confusion, en court-circuitant les négociations menées par Guillaume Pepy avec les syndicats de cheminots depuis deux ans.

Alors que les Français subissent, les pieds dans l’eau, un dixième jour de grève et que la France s’apprête à recevoir des millions de touristes pour l’Euro, le Président de la République vient enfin de réaliser qu' »il faut savoir arrêter une grève ». Cette formule tronquée et réchauffée, que François Hollande avait déjà utilisée lors des grèves de 2014, sonne comme un aveu d’échec.

Tout d’abord, parce que l’impact de la grève à la SNCF atteindra bientôt l’équivalent de ses bénéfices difficilement réalisés sur 2015. Peu soucieuse du confort des usagers ou de la santé économique de l’entreprise de transport ferroviaire, la CGT se sert de la SNCF dans son bras-de-fer contre un président de la République trop faible pour lui tenir tête. Pire, la SNCF, fleuron industriel français, court à sa perte alors que l’ouverture à la concurrence se profile. 33% de productivité en moins par rapport au secteur privé, 41 jours de repos en plus : tout cela reste figé, faute de volonté réformatrice.

Ensuite, parce qu’après avoir paralysé les raffineries, attaqué nos forces de l’ordre à travers des affiches indignes et empêché la parution des journaux, la CGT peut se targuer d’avoir fait baisser le taux de fréquentation touristique à Paris, poussé à la faillite des centaines de TPE et bloqué le traitement des ordures ménagères.

Enfin, parce que derrière cette négociation avortée se cache une dramatique absence de méthode de gouvernance, qui vient s’ajouter au fiasco de la déchéance de nationalité, à l’échec de la constitutionnalisation de l’état d’urgence, et à la crise ouverte par la loi travail.

En voulant rester en bons termes avec les frondeurs, les syndicats extrémistes et les représentants d’intérêts particuliers de toutes sortes, François Hollande a perdu la confiance des Français. Il a divisé la gauche, divisé les syndicats, comme il divise nos concitoyens depuis trop longtemps.

Ma conception du paritarisme et du dialogue social n’est ni celle de la CGT, ni celle du gouvernement : il faut inventer une voie médiane. Le dialogue social doit être modernisé pour devenir un outil efficace au service de la réforme. Pour cela, je propose que se tienne chaque année un grand round de négociations avec les partenaires sociaux, pour définir une feuille de route claire, qui débouchera sur des réformes dont les objectifs seront partagés par tous. Je propose également que nous puissions faire un état des lieux régulier du dialogue social en France et en Europe, afin de nous inspirer des solutions qui marchent ailleurs. Enfin, il faut dépolitiser les syndicats en augmentant leur représentativité. Pour cela, je crois que la seule solution consiste à conditionner les protections offertes aux salariés, comme les conventions collectives, à l’adhésion à un syndicat.

En attendant, François Hollande ferait mieux de mettre fin aux blocages, incompréhensibles en plein état d’urgence. A défaut, il donne, une fois de plus, l’image d’un pays hésitant, impuissant et ingouvernable.

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Les 14 mensonges de François Hollande

« La politique, c’est de faire des promesses et de les tenir », clamait le candidat Hollande. Qu’en est-il quatre ans après son élection ?

1 – Inverser la courbe du chômage d’ici la rentrée 2013

La fameuse courbe condition à sa réélection continue son inexorable ascension. Entre le 6 mai 2012 et aujourd’hui, le nombre de chômeurs toutes catégories confondues est passé de 5 134 700 à 6 486 100, soit 1 351 400 personnes supplémentaires inscrites à Pôle emploi depuis le début du quinquennat…

2 – Pas d’effort fiscal après 2013

Pendant le quinquennat, les prélèvements obligatoires auront augmenté de 96 milliards d’euros, au mépris de la promesse de pause fiscale : le gouvernement fait peser un poids toujours plus lourd sur les classes moyennes. Il entretient par ailleurs un système inique : 10% des foyers fiscaux paient à eux-seuls 70% de l’impôt sur le revenu.

3 – Diminuer de 50 milliards d’euros les niches fiscales « sans efficacité économique et injustes socialement »

Leur coût est passé de 70.9 milliards d’euros en 2012 à 83.4 milliards d’euros en 2016, en augmentation de 12.5 milliards d’euros… Le décalage avec la promesse de campagne s’élève donc à plus de 62 milliards d’euros!

4 – Redonner du pouvoir d’achat aux Français

François Hollande a réussi l’exploit de diminuer pendant deux années consécutives le pouvoir d’achat, battant le record de 1984, détenu par François Mitterrand. La suppression des heures supplémentaires défiscalisées a frappé de plein fouet 9.5 millions de salariés, lesquels ont perdu 500 euros par an en moyenne. Quant aux retraites, elles n’ont pas été revalorisées d’avril 2013 à octobre 2015, soit un gel de 29 mois : le nombre de retraités pauvres a augmenté de 39 000 en une année…

5 – Une croissance annoncée à 2.25% dès 2015

En 2015, la croissance du PIB n’a été que de 1.2%. Le décalage entre la promesse de François Hollande et la réalité a donc coûté 21 milliards d’euros aux Français !

6 – « J’aime l’entreprise »

Entre mai 2012 et février 2016, il y a eu 240 000 défaillances d’entreprises et le nombre des micro-entrepreneurs a baissé de 21% en 2015. Il faut dire que notre taux d’impôt sur les sociétés est supérieur de 11 points à la moyenne européenne. En outre, François Hollande a cru bon supprimer la TVA compétitivité, qui prévoyait un allégement de charges de 13 milliards d’euros : nos entreprises auraient pu bénéficier d’un appel d’air de 66 milliards d’euros sur cinq ans !

7 – Faire en sorte qu’il n’y ait pas un euro de plus de dette à la fin du quinquennat

Entre 2012 et 2015, la dette publique a augmenté de 263 milliards d’euros. En 2016, elle augmentera encore de 60 milliards d’euros, malgré des taux d’intérêt historiquement bas. A la fin du mandat de François Hollande, elle atteindra 97.4% du PIB, alors qu’il avait promis qu’elle serait abaissée à 80%.

8 – Réduire la dépense publique de 50 milliards d’euros

Entre 2012 et 2015, les dépenses publiques ont augmenté de 92 milliards d’euros. En 2016, elles augmenteront encore de 13.5 milliards d’euros. Alors que François Hollande avait promis de réduire la dépense publique de 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017, celle-ci a donc augmenté de 27.5 milliards d’euros sur cette période.

9 – S’engager à ramener le déficit à 3% en 2013

Le déficit public est encore de 3.6% en 2015. Pour 2017, alors que le candidat Hollande avait promis un retour à l’équilibre des comptes publics, le déficit sera de 3.3% selon la Commission européenne.

10 – « Ça va mieux » ?

Entre 2011 et 2015, le nombre de médecins généralistes, toutes spécialités confondues, a connu une baisse de 0.5%. Aujourd’hui, la densité médicale est de 89 médecins pour 100 000 habitants, alors qu’elle était de 306 au 1er janvier 2012. 70% des Français disent avoir renoncé à des soins en raison des délais d’attente ou des coûts en 2015.

11 – « J’agirai pour que soient construits au cours du quinquennat 2.5 millions de logements »

François Hollande avait promis 500 000 logements supplémentaires par an sur la durée du quinquennat : les mises en chantier se sont élevées à 351 800 seulement en 2015, à peine plus qu’en 2014. Près de 900 000 personnes demeurent privées de logement personnel et 3 millions vivent dans des conditions de logement très difficiles.

12 – Créer 60 000 postes de fonctionnaires dans l’éducation

Entre 2012 et 2015, 42 000 postes supplémentaires ont été ouverts pour l’éducation. Toutefois, près de 10 000 postes ne sont pas pourvus. Par ailleurs, le gouvernement a procédé à des coupes sombres dans les effectifs des ministères considérés comme « non prioritaires » : au total, 41 500 postes ont été supprimés entre 2013 et 2016, fragilisant ainsi le service public de la défense et de l’écologie.

13 – « Ouvrir largement les filières de l’apprentissage »

Depuis l’élection de François Hollande, le nombre d’apprentis a reculé de 8% : il s’établit aujourd’hui à 400 000. Un chiffre qui contraste quelque peu avec l’objectif de 500 000 fixé pour 2017…

14 – Doter la police et la gendarmerie de 9 000 postes supplémentaires

Selon la Cour des comptes, seuls 390 emplois ont été créés sur la période 2012-2015. Cet écart entre la communication officielle et la réalité est d’autant plus pitoyable que François Hollande a juré de faire son maximum pour assurer la sécurité des Français… Quant aux emplois inscrits au budget 2015, ils ont été amputés de 2 685 postes : en plein état d’urgence, le gouvernement a donc privé le pays de 1 390 policiers et de 1 077 gendarmes !

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Loi travail : blocages, violences… le gouvernement fait preuve d’une faiblesse coupable

La France puise depuis des jours dans son stock de réserves stratégiques de carburants. Pendant ce temps-là, le gouvernement, bien incapable de tenir une poignée de syndicalistes, la laisse s’enliser dans une crise économique, sociale et politique.

En quelques jours seulement, les stations-service se sont vidées pendant que le ministre des Transports tenait un discours qui se voulait rassurant et que François Hollande tentait de nous expliquer que tout cela finirait bien par s’arranger. Si les barrages avaient vraiment été levés, il n’y aurait plus de problèmes d’approvisionnement.

Des blocages qui plombent notre économie

Une fois de plus, le gouvernement fait preuve d’une faiblesse coupable. Hier, les casseurs à Paris, Rennes ou Nantes, tentaient de nous imposer leurs lois au mépris de celles de la République. Aujourd’hui, ceux qui ont été mis en examen pour avoir agressé un policier et brûlé sa voiture sont remis en liberté.

Alors que l’état d’urgence a été prolongé une troisième fois pour assurer la sécurité des Français, il est plus que temps de mettre un terme aux exactions intolérables de minorités extrêmement violentes, ainsi qu’aux blocages qui freinent la liberté d’entreprendre. Nos forces de l’ordre ne devraient-elles pas se concentrer sur la lutte contre l’ennemi terroriste et nos entreprises sur la compétitivité de notre pays ?

Les blocages qui paralysent la France et pèsent sur la vie quotidienne des Français sont également en train de plomber notre économie. Ils ont sans doute déjà annihilé les effets positifs de la baisse du chômage enregistrée en avril pour 19.900 demandeurs d’emploi.

La France ne pourra pas supporter une nouvelle crise. Le gouvernement doit faire preuve de fermeté, en ordonnant des réquisitions. S’il cède, il désavouera les syndicats réformistes, donnera raison aux frondeurs et légitimera tous ceux qui s’arc-boutent sur leur idéologie archaïque et refusent d’avancer.

La CGT abuse de la faiblesse de l’exécutif 

Les Français sont les grands perdants de cette confrontation. D’un côté, François Hollande, à force de mensonges et d’affaissement dramatique de l’autorité de l’État, a perdu toute légitimité pour réformer. De l’autre, la CGT, incapable de mettre les gens dans la rue, voudrait maintenant les forcer à rester chez eux en bloquant les raffineries. Elle abuse de la faiblesse de l’exécutif en prenant en otage le pays.

Avec l’état d’urgence, la France doit se donner les moyens de neutraliser les ennemis qui, à l’étranger comme sur notre sol, se préparent à nous frapper. Face à cette menace, François Hollande n’a pas le droit de donner chaque jour un peu plus l’image d’un État impuissant, hésitant et complaisant.

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Revenons à l’école de la République

La ministre de l’éducation nationale a organisé début mai les assises de la refondation de l’école. Présentée comme un point d’étape dans la réforme éducative du quinquennat Hollande, cette opération de communication – sur fond d’annonce d’augmentation des instituteurs – n’a trompé personne.

Alors que la France a récemment été classée avant-dernière des systèmes éducatifs de l’OCDE, plombée par ses performances en matière d’équité et de participation des enfants à la vie scolaire, celui qui prêche le « ça va mieux » se congratule d’avoir rebaptisé les « internats d’excellence » en « internats de la réussite pour tous ». Les réformes s’empilent, sans que les chefs d’établissements, les enseignants, les élèves et leurs parents n’y comprennent rien.

L’école, jadis au cœur de la vie citoyenne, s’est éloignée de sa vocation première. Hier pierre angulaire de la République, elle est aujourd’hui devenue le réceptacle de tous les dysfonctionnements de notre société. L’école ne devrait-elle pas pourtant être le creuset de l’égalité des chances, en accueillant sur ses bancs les enfants sans distinction de condition sociale ? Ne devrait-elle pas promouvoir le mérite et l’excellence tout en transmettant les valeurs qui fondent notre vivre ensemble ?

Face à une aggravation de la situation des jeunes sur le marché du travail, l’éducation est un enjeu fondamental. Or, l’école entretient ou aggrave les inégalités au lieu de les corriger : la proportion d’élèves en retard à l’entrée en 6e se situe bien au-delà de la moyenne pour les enfants d’employés, d’ouvrier et d’inactifs. 150 000 jeunes quittent chaque année l’école sans diplôme et 20% des élèves ne maîtrisent pas les fondamentaux.

L’école est au cœur de la valorisation de notre ressource humaine, principale richesse de notre Nation. De la réussite de sa mission dépend la performance économique, sociale et culturelle de notre pays : elle ne doit pas se contenter de former une élite, mais offrir des perspectives d’avenir à chaque enfant. Alors que le budget consacré à l’enseignement scolaire continue d’augmenter, aucune mesure d’envergure n’est mise en œuvre pour améliorer l’offre éducative : l’école doit de nouveau devenir le centre de gravité de notre République.

Pour atteindre cet objectif, trois exigences méritent d’être poursuivies : la priorité doit être donnée au primaire car tout se joue dans les premières années ; la réussite des enfants doit s’appuyer sur la mobilisation de la communauté tout entière ; l’alternance et l’apprentissage doivent cesser d’être vus comme des roues de secours.

Dès lors, nous devons faire en sorte que l’enseignant et le chef d’établissement détectent les élèves qui rencontrent des difficultés d’apprentissage dès le CP. Je propose la création d’une caisse autonome de soutien par établissement de 2 000 euros par enfant, à comparer avec le coût de 5 000 euros généré par un redoublement.

Par ailleurs, l’école ne peut pas fonctionner en vase-clos, en particulier lorsqu’il s’agit d’apporter une réponse aux difficultés des élèves. Il est impératif d’associer les enseignants, les agents territoriaux, les parents d’élèves et les élus locaux, afin de définir des solutions partagées. Le libre choix des maires concernant les rythmes scolaires dans l’enseignement du premier degré, que j’ai toujours défendu, irait dans le sens d’une plus grande liberté laissée aux collectivités.

Enfin, la façon de rehausser le niveau de qualification de notre pays passe par la révolution qui consiste à réduire les formations générales au profit des formations qualifiantes, et cela ne peut passer que par l’alternance. N’ayons pas peur de lancer un grand plan en faveur de l’apprentissage pour en faire une voie d’excellence et permettre à tous les jeunes de se former à un métier dès 14 ans.

L’école, qui a été abîmée par François Hollande, doit faire partie des réformes prioritaires de la prochaine majorité, pour que nous mettions un terme à la fabrique des inégalités et que nous préparions notre avenir économique et social. Mais aussi et surtout parce qu’en cette période troublée, où nous avons tant besoin de repères, l’école est un choix de société, de valeurs et de civilisation.

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Valls sort le 49-3 : les frondeurs doivent sortir de l’hypocrisie et renverser l’exécutif

Mardi, la France a une nouvelle fois été prise en otage par le gouvernement. Alors qu’elle devait débattre de l’emploi, première préoccupation des Français, l’Assemblée nationale s’est transformée en vitrine des divisions de la gauche.

En dépit des reculs qui ont vidé le texte de sa substance et des stratégies de couloir pour acheter les uns et les autres, la majorité de gauche n’existe pas. Ce spectacle affligeant contraint Manuel Valls à utiliser le fameux article 49-3 de la Constitution, dont François Hollande qualifiait il n’y a pas si longtemps l’usage de « brutalité » et de « déni de démocratie ».

Une nouvelle fuite en avant 

Ce n’est hélas pas la première fois que le président de la République sacrifie l’intérêt général sur l’autel des convenances personnelles.

N’est-il pas le président normal se vantant de préférer le train à l’avion « par souci de proximité et d’économie » et débarquant en Falcon à Tulle pour déposer un bulletin de vote ? N’est-il pas le donneur de leçons exigeant de ses ministres qu’ils ne cumulent pas leurs fonctions avec un mandat local et soutenant l’investiture de Jean-Yves Le Drian à la région Bretagne ?

« La politique, c’est de faire des promesses et de les tenir ». On sait depuis longtemps que le président en est bien incapable. Mais serait-ce trop lui demander de faire preuve d’un minimum de cohérence ?

Car cette nouvelle fuite en avant ne démontre qu’une chose : que son gouvernement ne dispose ni des moyens nécessaires pour conduire la mission qui lui a été confiée par le peuple français, ni du soutien pour mener les réformes dont ce pays a tant besoin.

Le travail parlementaire foulé au pied

Alors qu’il a déjà utilisé par trois fois la procédure du 49-3 lors du vote de la loi Macron, Manuel Valls foule au pied le travail des parlementaires. Une quatrième application est pitoyable, car elle clôture le débat avant même que la représentation nationale ait pu voter le moindre amendement !

L’UDI a bien évidemment déposé une motion de censure avec les députés Les Républicains. Cette initiative est une réponse à la gravité de ce que nous vivons aujourd’hui. Qu’il soit en effet contraint d’engager sa responsabilité sur un projet de loi vidé de toute ambition de réforme témoigne de l’impasse dans laquelle François Hollande a mené notre pays.

Face à cette situation intenable, chaque seconde qui passe est une seconde perdue pour la France. Au moment où le gouvernement a pour seul horizon l’immobilisme et pour seule issue le renoncement, les frondeurs doivent sortir de l’hypocrisie et montrer qu’ils s’opposent véritablement à l’exécutif en le renversant.

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La jeunesse, grande oubliée de celui qui en avait fait sa priorité pour le quinquennat

Selon une étude de l’IFOP, plus de 80% des jeunes ne se sentent pas entendus par François Hollande et ne comprennent pas sa politique. Pourtant, les boursiers se sont récemment vu promettre une aide à la recherche du premier emploi et les organisations étudiantes une surtaxation des CDD pour « favoriser l’embauche en CDI ».

Après avoir acheté le silence des syndicats en détricotant la loi travail, François Hollande essaie d’acheter celui des jeunes en leur promettant un chèque à la fin du mois. Celui qui a fait de la jeunesse « la priorité de son quinquennat » la sous-estime s’il croit qu’elle va se contenter de 200 euros mensuels. Elle veut trouver un emploi, pas faire la manche.

La situation des jeunes Français est alarmante. Selon l’Observatoire de l’Institut national de la jeunesse, le taux de pauvreté des 18-24 ans avoisine les 22,5%. Plus d’un quart des sans-domicile-fixe sont des jeunes de 18 à 29 ans et 34% des 15-39 ans ont un emploi précaire.

Heureusement, François Hollande a mis en œuvre une solution qui devait tout régler : les emplois d’avenir. Quel succès ! 23,2% des 15-24 ans sont encore au chômage… Même la moyenne européenne est plus satisfaisante. Le président de la République se félicite aussi d’avoir sorti de sa « boîte à outils » les contrats de génération. Fin juillet 2015, seulement 40 000 contrats avaient été signés, alors que 220 000 étaient espérés pour parvenir aux 500 000 promis en 2017. Leur effet sur le chômage est d’ailleurs quasiment négligeable : près des deux tiers des jeunes en ayant bénéficié travaillaient déjà dans les entreprises concernées.

L’impuissance de l’exécutif ne s’arrête hélas pas là. Le gouvernement s’est donné pour objectif de diviser par deux le nombre de décrocheurs d’ici 2017. Or, 150 000 jeunes quittent encore chaque année l’école sans diplôme. Lors de ses vœux à la jeunesse, François Hollande est même allé jusqu’à faire l’éloge du service civique, pour lequel plus d’un jeune sur deux ne trouve pas de mission… Bref, l’ambition affichée pour la jeunesse s’est transformée en une impasse généralisée.

Aujourd’hui, on nous présente le projet de loi égalité et citoyenneté comme « le dernier grand texte du quinquennat ». Que contient-il de si révolutionnaire ? La valorisation de l’engagement étudiant sous la forme d’un cours validé… Et le lancement d’une campagne de concertation sur l’insertion professionnelle des jeunes. A quoi va-t-elle servir quand syndicats et patronat ont déjà été invités à négocier des mesures d’accompagnement il y a quelques semaines ? Pire encore, le gouvernement essaie de faire diversion en voulant ouvrir un débat sur la dépénalisation du cannabis.

Parce que la jeunesse n’a pas vocation à demeurer la génération sacrifiée du quinquennat et qu’elle ne demande pas l’aumône, trois décisions doivent être prises sans délai.

Baissons le coût du travail et les jeunes trouveront un emploi. Une diminution massive des cotisations sociales familiales, que l’on pourrait compenser par l’augmentation du taux normal de TVA dans le cadre d’une TVA compétitivité, inversera la courbe du chômage si chère à François Hollande et dynamisera l’embauche.

Je crois ensuite que la façon d’améliorer le niveau de qualification de notre pays passe par la révolution qui consiste à réduire les formations générales au profit des formations qualifiantes, et cela ne peut passer que par l’alternance. N’ayons pas peur de lancer un grand chantier en faveur de l’apprentissage pour en faire une voix d’excellence et permettre à tous les jeunes de se former à un métier dès 14 ans.

Enfin, nous devons, une fois pour toutes, mettre un terme à la politique de l’autruche : les enveloppes distribuées à quiconque veut bien tendre la main sont des cache-misère. Un coup de pouce à la rémunération des apprentis ne va pas les aider à trouver un appartement : seule la construction d’un grand plan de logement étudiant est susceptible d’accompagner les jeunes dans leur démarche d’insertion dans la vie.

« Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? ». Ainsi parlait le candidat Hollande quand il évoquait ce sur quoi il voulait être évalué… On sait désormais que la réponse est non.

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« Pour qu’elle cesse de fonctionner au ralenti, il faut une Europe a deux vitesses »

En ce 66ème anniversaire du discours fondateur de Robert Schumann, l’Europe est à l’arrêt. Les récentes crises sécuritaires et migratoires sont venues amplifier des maux plus profonds et plus anciens : l’absence de véritable projet politique, le manque d’ambition économique, les carences démocratiques et une identité insuffisamment assumée.

Pour que ces crises que nous connaissons ne signent pas l’arrêt de mort de l’Europe, deux décisions doivent être prises sans délai.

Il faut tout d’abord doter l’Union européenne d’un véritable leadership clairement identifié et désigné de manière démocratique : une majorité, un président, un gouvernement de l’Europe doivent être choisis par les citoyens et les citoyennes européens.

Il faut également faire le pari du fédéralisme, avec des transferts complets de souveraineté. Nous devons accepter de faire ce saut fédéral avec les pays qui y sont prêts. Pour qu’elle cesse de fonctionner au ralenti, il faut une Europe à deux vitesses.

Il y a urgence dans quatre domaines :

  • une politique étrangère et de défense commune, avec une force d’intervention européenne, pour permettre à l’Europe d’être en première ligne pour lutter contre les nouvelles menaces liées au terrorisme;
  • une politique commune de sécurité intérieure, avec la création d’une police européenne et un échange permanent entre les services de renseignements européens ;
  • une véritable politique migratoire qui permette de réguler les entrées sur le territoire européen en fonction de nos besoins en cerveaux et en bras, et qui soit intransigeante avec l’immigration illégale ;
  • la mise en place un gouvernement économique, financier et budgétaire, d’un parlement de la zone euro et d’un budget européen pour faire enfin de l’Europe un levier de croissance pour ses Etats-membres.

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Où sont passées vos priorités pour les entreprises, monsieur hollande?

Dans son engagement numéro 2, le candidat Hollande promettait de faire des PME une priorité du quinquennat. Alors qu’elles sont le meilleur vecteur de création d’emplois, celles-ci sont étouffées par les effets de seuil, les contraintes diverses et variées -telles que le compte pénibilité et bientôt le compte personne d’activité- et les impôts qui fleurissent sans aucune cohérence. Dernière mesure en date, la surtaxation des CDD, lesquels sont déjà soumis à une prime de précarité de 10% et à une majoration de cotisation chômage de 1.5 à 3 points depuis mi 2013.

Comment les entreprises pourraient-elles avoir envie d’embaucher quand celles-ci croulent sous les taxes et les réglementations qui freinent leur développement? La France et l’Allemagne comptaient toutes deux 4000 entreprises de taille intermédiaire en 1980; aujourd’hui, notre pays en dénombre toujours 4000, alors que ce chiffre a triplé en Allemagne. Parce que les entreprises sont le moteur de notre économie, 4 chantiers doivent être menés en priorité.

Tout d’abord, il est impératif de diminuer les charges, quel que soit le niveau de salaire. Il serait tellement plus simple de transformer le CICE en une baisse des cotisations sociales familiales! Le président de la République lui-même ne disait-il pas il y a quelques mois que le CICE avait vocation à s’éteindre? Il faut en outre réduire le fossé qui existe entre les PME et les grandes entreprises du CAC 40: ne nous contentons pas d’une baisse d’un point du taux d’impôt sur les sociétés, mais étendons le bénéfice du taux réduit à toutes les PME si nous voulons qu’elles soient créatrices d’emploi.

Ensuite, il nous faut recréer des conditions favorables à l’investissement, en particulier pour les PME et les ETI, qui jouent un rôle indispensable pour la croissance et l’emploi. Pourquoi ne pas réorienter l’épargne des Français vers l’investissement et aiguiller les milliards d’euros dormant en assurance vie vers le financement participatif? Il est également impératif de réduire les délais de paiement des PME en mettant en place un dispositif de sanction, puisqu’une faillite sur quatre est directement liée à ces retards.

En outre, la peur d’embaucher découle directement de la complexité du droit du travail : alors que la France s’apprêtait à le réformer, le gouvernement s’est empêtré dans un recul risible. Le vrai changement aurait consisté à moduler les seuils sociaux de 11 et 50 salariés, à instaurer le référendum d’entreprise, à dépasser le carcan idéologique des 35h et à rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires, dont la suppression a frappé de plein fouet le pouvoir d’achat.

Enfin, nous devons tourner l’apprentissage vers les entreprises, qui devraient pouvoir trouver à proximité des écoles formant aux compétences métier qu’elles recherchent. En effet, la façon de rehausser le niveau de qualification de notre pays passe par la révolution qui consiste à réduire les formations générales au profit des formations qualifiantes, et cela ne peut passer que par l’alternance. N’ayons pas peur de lancer un grand plan en faveur de l’apprentissage pour en faire une voie d’excellence et permettre à tous les jeunes de se former à un métier dès 14 ans.

Après la Fête du travail et avant l’examen du projet de loi El Khomri, donnons un signal fort, celui d’un Etat qui fait confiance et considère enfin ses entreprises.

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Nuits debout, un rassemblement dangereux

Depuis le 31 mars, le mouvement Nuit debout se félicite d’avoir lancé un collectif libérant la parole individuelle et promouvant la démocratie participative. Ses disciples, qui contestent les institutions et le système, campent depuis une vingtaine de jours sur la place de la République, prenant leurs décisions par consensus lors d’assemblées générales citoyennes.

N’en déplaise aux adeptes de cette drôle de confrérie, le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Il est urgent de désacraliser ce groupuscule, parce que son folklore est en train de verser dans l’illégalité.

Reconnaissons d’abord que ce n’est pas un mouvement représentant la jeunesse française mais un rassemblement d’extrême gauche dans lequel se sont perdus quelques déçus de François Hollande. La jeunesse de ce pays n’a pas le temps de passer la nuit debout – les riverains excédés par le tapage nocturne non plus d’ailleurs. Je me suis renseigné sur le contenu du programme : hier se tenait une « réunion commission féministe non mixte (femmes et trans bienvenu.e.s) ». Dommage que je n’aie pas eu le droit d’y participer. J’ai aussi appris que depuis le 31 mars, les jours sont décomptés en restant en mars. Nous sommes donc aujourd’hui le 53 mars – avouez que les amis de Robespierre avaient été plus créatifs avec fructidor et thermidor. Notons enfin que ce collectif, qui a l’argent en horreur, a offert un pont d’or à Yanis Varoufakis pour qu’il vienne en première classe faire un sermon sur une France soit disant trop libérale.

Je crois ensuite que c’est un rassemblement dangereux. A Nuit debout, on saccage les commerces alentours et on agresse les forces de l’ordre qui devraient être mobilisées sur les dossiers terroristes. « On regarde les gens tout casser et on ne peut pas intervenir » a récemment déclaré un CRS réduit au simple rôle de baby-sitter. Le gouvernement qui se flatte d’avoir ouvert un débat sur la dépénalisation du cannabis a désormais sous les yeux la parfaite illustration des ravages de la drogue sur la jeunesse. Sans compter que ce sont les contribuables qui vont financer la réparation des dégâts laissés par les squatteurs, une bonne nouvelle quand on sait que les dernières promesses présidentielles se montent déjà à 4 milliards d’euros pour 2016…

Enfin, ce rassemblement est un entre-soi qui n’a rien de démocratique. Pire, il est en train de verser dans l’illégalité. Rappelons que l’occupation irrégulière du domaine publique est réprimée par la loi : la démocratie nous autorise à s’approprier l’espace public, pas les places publiques. C’est bien de vouloir débattre – encore faut-il ne pas vandaliser les biens d’autrui. Est-il normal que la mairie de Paris s’apprête à payer la facture de la dalle de la place de la République sans porter plainte parce que Madame Hidalgo trouve « légitime de rêver d’un autre monde »?

Non, les manifestations de fascistes ne sont pas légitimes juste parce qu’elles sont de gauche. Elles ne sont que l’aveu du vide de gouvernance, de l’échec institutionnel et de l’absence d’autorité politique du président Hollande. Lequel ferait mieux de renvoyer les occupants chez eux avant qu’un drame ne vienne nous rappeler la bavure de la tragédie de Sivens.

Nuit debout est une erreur de jeunesse désœuvrée qui croit qu’elle va trouver un travail en parlementant « derrière un kiosque rouge ». Tôt ou tard, la vie se chargera de lui couper les cheveux.

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Pourquoi nous sommes opposés au prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu

Le gouvernement souhaite introduire le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu et reporter sa collecte sur les entreprises.

L’UDI y est opposée pour deux raisons : d’abord, parce que nous voyons dans la retenue à la source la première étape vers une fusion de l’impôt sur le revenu avec la CSG, qui va peser sur les classes moyennes ; ensuite, parce que nous considérons que les entreprises n’ont pas à endosser le prélèvement fiscal, alors même qu’elles croulent déjà sous une multitude de contraintes administratives qui nuisent à leur compétitivité.

En France, l’imposition sur le revenu fait coexister deux impôts aux assiettes et aux modalités très différentes : l’un est progressif, l’autre proportionnel. Comme le souligne le Conseil des prélèvements obligatoires, leur fusion soulèverait de nombreuses difficultés, à commencer par la nécessité de transposer, pour des raisons constitutionnelles, les caractéristiques de l’impôt sur le revenu à la CSG (familialisation, prise en compte du revenu global…). Loin de réduire la progressivité de l’impôt, celle-ci serait étendue aux prélèvements sociaux : le gouvernement devra s’attendre à un rejet de la part de tous ceux qui contribuent au système de protection sociale.

Par ailleurs, la décision de charger les entreprises du prélèvement est loin d’être optimale : le coût pour les employeurs va représenter de 1.3% à 3.5% de la valeur des impôts collectés (CPO). Le ministre du budget assure vouloir « éviter quelque chose de compliqué ». Rappelons à Michel Sapin que les employeurs jouent déjà le rôle de tiers payeurs avec les charges sociales, qu’en cas d’erreur sur la collecte ils risquent d’être tenus pour responsables et que les investissements informatiques ne feront qu’ajouter aux difficultés que connaissent aujourd’hui les entreprises.

On comprend l’enjeu financier puisque le taux de collecte de l’impôt sur le revenu s’élève aujourd’hui à 2% – un des prélèvements les moins rentables pour l’administration fiscale. On comprend un peu moins le transfert de ce coût sur les entreprises et l’impasse faite sur les problèmes de confidentialité.

L’UDI se réjouirait de la retenue à la source – qui peut certainement améliorer l’efficacité de nos politiques budgétaire et fiscale et leur articulation avec les dispositifs sociaux – si seulement elle n’était pas le préalable à une réforme qui va peser sur les classes moyennes et sur les entreprises.

Du reste, quelle solution la retenue à la source va-t-elle apporter aux problèmes des Français – l’emploi et le pouvoir d’achat ?

Le gouvernement n’a pas compris que la vraie question n’est pas technique mais sociétale. Qui plus est, en multipliant les régimes dérogatoires pour tenter d’endiguer le ras-le-bol fiscal – auquel il a pourtant largement contribué -, il a sapé le principe d’égalité devant l’impôt et réduit celui de nécessité de l’impôt à un vulgaire vestige de la Révolution.

Le véritable renouveau aurait résidé dans l’imposition universelle des revenus. Parce que l’impôt est l’expression et la condition même du lien social, aucune réforme fiscale ne pourra aboutir sans intégrer tous les acteurs de la société : l’impôt doit redevenir une cotisation d’adhérent au pacte républicain.

Au Danemark, tous les citoyens paient des impôts, y compris lorsqu’ils sont étudiants ou demandeurs d’emploi. Ces derniers se disent d’ailleurs très satisfaits de participer au financement d’un État providence qui leur fournit une scolarité gratuite et des aides sociales.

Contribuer, même modestement, à l’effort collectif serait un moyen de redonner une dignité à ceux qui se sentent le plus éloigné de la vie publique. Un enjeu autrement plus important que le mode de recouvrement d’un impôt.

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Temps de parole des candidats : le PS sacrifie l’égalité et fragilise notre démocratie

Cette semaine, une proposition de loi socialiste a été débattue à l’Assemblée nationale : celle-ci vise à modifier les règles de l’élection présidentielle, en remplaçant la notion d’égalité du temps de parole par celle d’équité.

Ce n’est pas la première fois que la majorité socialiste joue sur les mots et je ne prendrais pas la peine de relever ce calembour s’il ne portait gravement atteinte à notre démocratie. Nous ne pouvons pas accepter l’abandon du principe d’égalité du temps de parole dans les médias.

La voix des « petits » ne sera pas entendue 

Je comprends que certains souhaitent réorganiser l’élection présidentielle – quoiqu’à un an du premier tour la méthode laisse à désirer. Je me suis d’ailleurs montré favorable au raccourcissement de la période d’engagement des dépenses électorales et à la publicité des parrainages, qui ne peut que jouer en faveur d’une meilleure transparence de la vie publique.

Mais je ne peux tolérer la consécration d’un système qui fait en sorte que les principaux partis politiques aient seuls accès aux médias. Cette atteinte au pluralisme – qui n’est autre qu’un déni de démocratie – est tout bonnement scandaleuse.

Bruno Le Roux et Jean-Jacques Urvoas semblent oublier que l’élection présidentielle est l’élection fondatrice par excellence, celle qui peut faire apparaître de nouveaux visages. Avec l’égalité du temps de parole, chaque candidat disposait du même temps pour s’exprimer. Tous les auditeurs pouvaient s’approprier les messages des uns et des autres dans des conditions identiques. On pouvait débattre, comprendre, comparer les projets.

Désormais, les partis politiques ayant enregistré les plus gros scores aux élections se verront surreprésentés dans les médias. Les puissants resteront puissants. Et la voix des petits – celle des communistes, des écologistes, des centristes, de tant d’autres – ne sera pas entendue.

Une grave atteinte au pluralisme politique

Aujourd’hui, dans les émissions politiques dominicales, seuls les trois grands partis ont voix au chapitre. Avec la nouvelle règle, cette surreprésentation gagnera toute la campagne présidentielle, à un moment où les candidats ont justement le plus besoin d’un éclairage médiatique pour se faire connaître.

L’UDI ne connaît malheureusement que trop bien ces difficultés, alors que notre famille politique est bien souvent à l’avant-garde sur les questions de société.

Dans beaucoup de démocraties européennes, on assiste à des basculements complets aux élections. De tels bouleversements seront bientôt rendus impossibles. Pourtant, les citoyens n’ont de cesse de faire part de leur volonté de voter pour des candidats neufs…

Un récent sondage montre que 88% des Français estiment que la politique souffre d’un manque de renouvellement. Et ce n’est certainement pas en faisant la promotion d’un casting d’anciens ou en bannissant le pluralisme qu’elle va retrouver la santé.

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François hollande porte seul la responsabilité dans l’échec du congrès

Lundi 16 novembre 2015, lorsque François Hollande annonçait sa volonté de réformer la Constitution suite aux attentats, je me suis levé pour l’applaudir, comme l’immense majorité des parlementaires prompts à prendre leurs responsabilités lorsque la sécurité des Français est menacée. Quatre mois et demi plus tard, il préfère les intérêts de la gauche à l’intérêt supérieur de la Nation, en annonçant qu’il renonce au Congrès.

Ainsi donc, le président de la République abandonne deux mesures dont il avait lui-même fait des priorités: la première permettait de s’assurer que l’état d’urgence était parfaitement efficace pour lutter contre la menace terroriste; l’autre symbolique la déchéance de nationalité- démontrait la détermination de la France à exclure de la communauté nationale tous ceux qui s’attaquaient à ses valeurs et à ses membres.

François Hollande ne peut accuser la droite sénatoriale. Il porte seul la responsabilité de son propre échec, qui n’a d’égal que son amateurisme. Comment l’exécutif pouvait-il ignorer qu’une loi de 1998 prévient la création d’apatrides, que la France a signé la convention de New-York de 1961 ou que l’apatridie est contraire au droit européen?

En lançant ce débat de manière improvisée, sans même avoir l’appui de sa majorité, il a enlisé notre pays dans des discussions interminables et stériles, sans qu’aucune mesure n’ait été décidée pour assurer la sécurité des Français. Cet énième renoncement de François Hollande démontre son incapacité à rassembler.

Il nous faut maintenant agir, pour armer la France face aux dangers du terrorisme. Le Parlement doit légiférer au plus vite, afin d’adapter l’état d’urgence aux menaces nouvelles et encadrer son utilisation. Nous devons prévoir des peines, à l’instar de l’indignité nationale, pour les Français partis apprendre la haine de la France et la barbarie du terrorisme dans les rangs de Daesh.

Les terroristes n’ont pas le moindre soupçon de considération pour la France et les Français. Je me souviendrai toute ma vie de l’attentat de la rue de Rennes, il y a trente ans, survenu alors que je faisais mon service militaire au Val de Grâce. Qu’attendons-nous pour attaquer le mal à la racine et stopper ceux qui déchirent le contrat national? Combien de victimes faudra-t-il encore pleurer pour que soit définitivement banni le prosélytisme de notre continent?

Le nombre de personnes radicalisées a plus que doublé en l’espace d’un an: il y en a aujourd’hui 8 250. Dans 20% des cas, ces personnes sont mineures. La radicalisation gagne nos écoles, nos prisons, internet, les lieux de culte et de travail, les associations, des centaines de familles désespérées par le départ d’un enfant pour la Syrie. La lutte contre ce phénomène doit devenir un chantier national prioritaire.

Par ailleurs, les attentats de Bruxelles devraient nous pousser à mettre en place une meilleure coordination au niveau européen – notamment s’agissant du contrôle aux frontières – et à débloquer les dossiers qui s’enlisent: l’accord sur les données « passagers » entre les Etats-Unis et l’Union européenne, la création d’un procureur européen pour les crimes graves transfrontaliers, l’institutionnalisation d’une Agence européenne du renseignement, la fusion des fichiers terroristes.

Quatre mois après le discours de Versailles, il n’y a pas de nouvelle possibilité de déchéance et le régime de l’état d’urgence est celui qui prévalait il y a plus de soixante ans. Pire, la parole publique ne vaut plus rien. On ne peut pas s’engager devant le Parlement réuni en congrès et revenir sur sa promesse en accusant l’opposition. Pas plus qu’on ne peut réécrire la Constitution pour apaiser les divisions de son propre parti.

Un « immense regret » pour Manuel Valls. Et pour l’ensemble des Français, à qui le gouvernement a, une fois de plus, menti.

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Choc de simplification : un peu de bon sens

Le Gouvernement, qui depuis 2013 a décidé de « faire simple », multiplie les moratoires de réglementation et les Conseils de simplification : à croire qu’il ne s’est pas rendu compte qu’en ajoutant encore des normes et des comités au mille-feuille administratif français, il est en train de saboter sa propre entreprise de simplification.

Le rapport du sénateur Eric Doligé sur la simplification des normes applicables aux collectivités territoriales préconisait déjà en 2011 de « changer la culture normative de l’Etat » et de viser « une obligation de résultats plutôt que de moyens ».

Cinq ans plus tard, force est de constater que le classement du Word Economic Forum place encore la France au 115e rang sur 140 pays en matière de complexité administrative.

L’idée d’un grand « choc de simplification » est louable et les secrétaires d’Etat Thierry Mandon et Clotilde Valter se sont donnés de la peine. Hélas, leur mission était vouée à l’échec : la simplification ne pourra pas donner de résultats tant qu’elle ne s’attaquera pas au problème de fond, à savoir l’inextricable imbroglio de technostructures internes qui ronge notre pays.

Quatre mesures suffiraient pourtant à apporter un peu de simplicité dans le quotidien des entrepreneurs, des élus locaux, et plus largement de tous les Français excédés par les réglementations et les contrôles.

400 000 normes s’appliquent aujourd’hui à la vie des entreprises. Ces normes s’empilent, créant un stock de décrets et de prescriptions techniques qui écrasent les initiatives. Un engagement doit par conséquent être pris au plus vite pour qu’à l’édiction de toute norme nouvelle soit automatiquement supprimées deux normes anciennes.

Par ailleurs, les élus locaux s’inquiètent de l’intensification des contrôles a priori pesant sur beaucoup de leurs décisions. Par conséquent, je propose que le contrôle de légalité des actes des collectivités territoriales soit recentré sur un contrôle a posteriori, ce qui aurait le mérite d’établir une relation de confiance tout en supprimant près de 8 millions de formalités tous les ans.

Je note également que le Gouvernement semble prendre un malin plaisir à transposer les normes européennes bien avant l’expiration du délai réglementaire, ce que ne font pas la plupart de ses homologues européens. En faisant du zèle de la sorte, notre pays s’expose à des situations de concurrence déloyale. Il faut donc mettre fin à cet excès d’ardeur déplacé – surtout quand on sait avec quelle sévérité le Premier ministre traite par ailleurs l’Union européenne.

Enfin, depuis 2009 les projets de loi sont accompagnés d’études d’impact. Cette mesure destinée à mieux légiférer serait efficiente si seulement ces études n’étaient pas aussi décevantes. La plupart sont en effet totalement insuffisantes et ne font qu’accentuer le surpoids administratif dont est malade la France. Pour améliorer la qualité de la loi, commençons par transmettre des études d’impact qui soient vraiment utiles aux parlementaires.

Je suis persuadé que ces quatre propositions de bon sens amorceraient une évolution positive pour notre pays. Un pays dans lequel des hauts fonctionnaires sont missionnés pour rédiger des rapports qui n’ont d’autre vocation que de justifier l’existence d’une commission ou donner un peu de crédit à une politique publique non mise en œuvre. Rapports qui ne sont pas lus par leurs commanditaires mais par quelques étudiants qui les fichent dans le but d’intégrer l’école qui les formera à en publier par milliers…

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L’avenir de la France se joue dans nos campagnes

Depuis soixante ans, les réformes territoriales, pourtant chaque fois présentées comme fondatrices d’une nouvelle étape, se succèdent sans parvenir à résorber les fractures entre villes et campagnes. Plus grave encore, les politiques d’aménagement du territoire n’ont pas anticipé les effets de l’attractivité des villes, de la mécanisation de l’agriculture, du déclin de l’emploi industriel ou de l’essor du numérique, aux conséquences importantes sur le dynamisme et l’attractivité des territoires.

Ces politiques inadaptées ont conduit à un sentiment d’abandon, parfois d’humiliation, du monde rural. Le malaise est aujourd’hui amplifié par le fait que les villes et les campagnes sont désormais confrontées à des problématiques similaires, comme l’insécurité ou le chômage, et que leurs habitants ont les mêmes attentes, en matière de qualité de vie, d’accès aux services publics, au très haut débit numérique ou à la culture.

Il est temps d’arrêter d’opposer les territoires. Il faut en finir avec cette vision jacobine qui façonne depuis trop longtemps notre pays au mépris des campagnes, de leur identité singulière, de leur histoire, des enjeux économiques et sociaux qui leur sont propres. Les prétendues réformes territoriales lancées par François Hollande – redécoupage de la carte des régions ou loi NOTRe – ne feront qu’aggraver cette fracture. Elles ne répondent à aucune des conditions qui auraient permis de soutenir le développement du monde rural : préserver la capacité d’investissement des collectivités, conforter la mission de proximité des départements, faire de la commune la pierre angulaire de notre organisation territoriale et clarifier les compétences.

Pourtant, notre ruralité doit, plus que jamais, être soutenue. Tout d’abord, parce qu’elle est porteuse de valeurs nécessaires en cette période troublée : l’entraide et la solidarité, le respect des traditions, le sens de la transmission. Ensuite, parce que le visage du monde rural change : les Français, attirés par une meilleure qualité de vie ou rebutés par la hausse de l’immobilier, repeuplent nos campagnes. Ces nouveaux habitants sont une richesse de plus pour notre ruralité, déjà forte de ses ressources industrielles, artisanales ou touristiques et de son immense espace foncier. Voilà pourquoi celle-ci est si précieuse: elle représente le trait d’union entre notre identité profonde et notre avenir.

L’aménagement du territoire est un combat de tous les jours qui doit passer par une nouvelle gouvernance. Il faut donc veiller au développement harmonieux des métropoles et des territoires ruraux et mettre en œuvre une véritable péréquation financière pour atténuer les inégalités territoriales.

Face à ces défis, les territoires et leurs élus ne peuvent pas tout attendre de l’Etat. Nous devons travailler à des solutions innovantes en favorisant les logiques de mutualisation, de contrat ou de partenariat. Nous réussirons ainsi à garantir un accès à des services publics de qualité, à soutenir la formation des professionnels qui s’engagent à s’installer à la campagne, à accélérer le développement du numérique et à réussir les mutations qui sont devant nous.

Les possibilités sont infinies. Nous avons ainsi créé, à Châteaudun, les Champs du Possible, un campus d’innovation et d’expérimentation qui  met en relation des exploitants agricoles et des entrepreneurs autour des technologies numériques. D’autres solutions peuvent être imaginées : pourquoi ne pas utiliser nos salles des fêtes pour offrir un cadre de travail convivial aux personnes qui télé travaillent ? Pourquoi ne pas installer des bornes numériques dans nos gares pour faciliter l’accès aux services publics ? La croissance de demain se fera dans les territoires: à nous de les rendre accueillants, agréables et accessibles.

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Réforme du code du travail : « pour une loi réussie : osons enfin ! »

Otage des frondeurs nostalgiques des années 1980 et des archaïques de tous bords, la réforme du travail est symptomatique d’un gouvernement s’enfonçant chaque jour un peu plus dans l’impuissance publique.

Sur une question aussi cruciale que le chômage, j’avais choisi de soutenir une majorité de progrès, faisant fi des considérations politiciennes. Sans être l’alpha et l’oméga, le texte de Myriam El Khomri allait dans le bon sens, avec des avancées notamment sur les indemnités de rupture définies par les prud’hommes, les difficultés de licenciement, la souplesse dans l’organisation du temps de travail ou l’introduction des référendums en entreprises.

Mais voilà que l’exécutif fait machine arrière en décalant l’examen du projet de loi d’un mois et demi pour fuir le débat parlementaire. C’est à se demander si François Hollande – celui-là même qui promettait d’inverser la courbe du chômage – a pleinement conscience que notre pays s’enlise dans une situation dramatique, alors que toute l’Europe a déjà renoué avec la croissance en menant des réformes ambitieuses.

En Allemagne, la négociation en entreprise est monnaie courante. Au Royaume-Uni, les indemnités sont limitées à une semaine de salaire par année d’ancienneté. En Italie, le CDI à protection croissante pensé par Matteo Renzi facilite le licenciement pendant les premières années. En Espagne, les employeurs peuvent revoir les conditions de salaire et de travail en cas de difficultés économiques.

Pour que la prochaine réforme du droit du travail ne soit pas une occasion manquée de plus dans la lutte contre le chômage, nous devons passer la vitesse supérieure, en particulier sur 4 thèmes, qui sont autant de tabous pour cette majorité : le temps de travail, le contrat de travail, la couverture syndicale et le salaire minimum. Je propose par conséquent l’assouplissement des conditions de rupture du contrat de travail afin de favoriser l’emploi dans les TPE et PME, la suppression pure et simple des 35 heures à travers la mise en place d’accords d’entreprises, l’engagement d’une réflexion pour améliorer la démocratie sociale et la fixation d’un salaire minimum branche par branche.

Avant la reculade, je saluais une volonté louable de préciser les motifs du licenciement économique et de plafonner les indemnités aux prud’hommes suivant un barème fondé sur l’ancienneté. Cela devait permettre de limiter le coût des licenciements et de dynamiser l’embauche. Ne nous arrêtons pas là : avançons vers la mise en place d’un contrat de travail unique, qui aurait l’intérêt de mettre fin à la précarité du CDD pour les salariés et à la rigidité du CDI pour les entreprises.

Par ailleurs, il était proposé d’assouplir la fixation de la durée du travail et de consacrer le principe selon lequel toute heure de travail effectuée au-delà de 35 heures ouvre droit à majoration, dont le montant serait fixé par un accord. Il faut aller plus loin ! Puisque les Français acceptent d’ores-et-déjà de travailler plus de 35 heures par semaine – comme le reconnaît le premier ministre – pourquoi s’obstiner à leur imposer une durée légale inférieure ? Fixons dans la loi une durée maximale du temps de travail et laissons la question de son organisation – et notamment du déclenchement des heures supplémentaires – à la négociation collective, seule à même de définir le juste équilibre entre performance économique et épanouissement personnel.

En outre, un accord d’entreprises devrait être approuvé par des syndicats ayant recueilli au moins 50% – et non plus 30% –  des suffrages exprimés lors des élections professionnelles. Ça ne sera hélas pas suffisant. Notre pays compte en effet 1,8 million de travailleurs syndiqués, soit 8% seulement de la population active – là où le taux de syndicalisation moyen dans l’Union européenne avoisine les 25%. Dès lors, les salariés se voient imposer des négociations auxquelles ils n’ont pas participé… Rappelons pourtant qu’il existe une corrélation positive entre le taux d’emploi, le taux de syndicalisation et des relations professionnelles coopératives. Nous devons donc accroître les incitations à la syndicalisation afin de faire naître des adhésions qui légitimeraient la démocratie sociale.

Enfin, la question de la rémunération, et notamment celle du salaire minimum, n’est pas abordée dans l’avant projet de loi. Alors qu’il existe encore des inégalités salariales élevées entre secteurs d’activités, osons instituer un salaire minimum branche par branche.

Dix articles audacieux suffiraient à poser les contours d’une loi réussie, concise et claire. Il ne reste plus qu’à espérer que le gouvernement ne cède pas face aux pressions de sa majorité, alors que les arbitrages ministériels n’ont pas encore été rendus. La France n’a pas besoin d’un nouveau coup de communication mais d’une réforme courageuse du droit du travail.

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3 raisons d’en finir avec les 35 heures

Otage d’une majorité empêtrée dans ses divisions, le premier ministre, qui proposait de déverrouiller les trente-cinq heures lors des primaires socialistes, affirme aujourd’hui que la dérogation à la durée du temps de travail n’est plus une transgression mais qu’il ne faut surtout pas remettre en cause la durée légale du travail.

Il est vrai qu’avec les aménagements décidés par les majorités successives, les trente-cinq heures sont devenues une durée théorique du temps de travail, mais je vois au moins trois raisons qui devraient nous conduire à y mettre fin.

Tout d’abord, cette réforme a contribué à présenter le travail comme une aliénation et à opposer le temps du travail aux temps personnel et collectif, en tentant de définir par la loi les frontières qui les séparent. Or, le travail peut être source d’épanouissement et d’émancipation. Il suffit d’entendre le désespoir des six millions de Français qui en sont privés pour le comprendre.

Ensuite, l’application uniforme de la réforme à des secteurs radicalement différents témoigne de la conception d’un Etat qui se méfie du dialogue entre patrons et salariés et de leur capacité à s’organiser pour le bon fonctionnement de leur entreprise. La classe politique est souvent si éloignée du monde économique qu’elle en est venue à croire que son rôle était de créer des emplois, elle qui devrait plutôt s’attacher à créer les conditions permettant aux entreprises de le faire.

Enfin, on a fait croire aux Français que travailler trente-cinq heures était un droit alors que le premier droit des chômeurs est d’avoir un travail. La gauche a toujours été persuadée qu’en partageant les emplois on rendrait possible les embauches. Elle oublie que le chômage ne peut pas se combattre par une approche comptable. Elle méconnaît le contexte international qui s’accommode mal d’un renchérissement du coût du travail. Elle méprise les compétences des salariés en découpant leur travail quotidien en une succession de tranches horaires.

Si les Français acceptent d’ores-et-déjà de travailler plus de trente-cinq heures par semaine – comme le reconnaît Manuel Valls – pourquoi s’obstiner à leur imposer une durée légale inférieure ? Pourquoi continuer à ignorer que les trente-cinq heures ont une incidence sur la compétitivité, la croissance et l’emploi ?

Fixons dans la loi une durée maximale du temps de travail et laissons la question de son organisation – et notamment celle du seuil de déclenchement des heures supplémentaires – à la négociation collective, seule à même de définir le juste équilibre entre performance économique et épanouissement personnel.

Supprimons les trente-cinq heures et rendons au travail la place qu’il mérite. Donnons un signal fort, celui d’un Etat qui fait confiance et considère enfin ses entreprises.

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Sauvons nos agriculteurs

Le monde rural est en train de mourir dans l’indifférence générale. C’est à se demander si le ministre de l’agriculture ne souhaite pas que les éleveurs fassent faillite un à un pour être enfin libéré de ses fonctions et pouvoir se consacrer pleinement au prêche de la bonne parole gouvernementale.

Alors qu’un agriculteur se suicide tous les deux jours, 42 000 éleveurs attendent toujours une aide d’urgence. Quant aux aides sécheresse promises cet été, elles n’ont pas été versées. Les paysans ne peuvent plus se satisfaire de promesses ni d’enveloppes supplémentaires : ils veulent des mesures concrètes, des mesures structurelles.

L’embargo russe entraîne chaque année une perte de 100 millions d’euros rien que pour la filière porcine. Les consommations de viande et de lait baissent tous les ans, tandis que l’OMS continue de stigmatiser nos agriculteurs en alertant sur de possibles risques de cancer. Face à des enjeux de modernisation et de transmission majeurs, le secteur est confronté à une réglementation de plus en plus contraignante.

Une réponse européenne doit tout d’abord être apportée. La France doit plaider en faveur d’une nouvelle politique agricole commune dont les ressources budgétaires seraient annualisées. Les pays doivent également s’accorder pour garantir aux agriculteurs un revenu décent via la sécurisation de leurs marges en cas d’aléas. Notre pays doit enfin tout faire pour assurer une harmonisation des règles fiscales afin de lutter contre les distorsions de concurrence à l’échelle intra-européenne.

Mais la réponse doit aussi être nationale : le gouvernement ne peut pas toujours se dédouaner en accusant l’Europe de tous les maux, comme l’a encore fait dernièrement le Premier ministre en jugeant que « la Commission européenne a fait trop peu et trop tard ». Qu’attend-il pour faire baisser les charges qui pèsent sur les agriculteurs? Qu’attend-il pour engager une simplification des normes environnementales? Qu’attend-il pour limiter les contrôles ou au moins en informer préalablement les destinataires? Qu’attend-il pour intégrer au CICE des mesures spécifiques de soutien aux agriculteurs non éligibles? Qu’attend-il pour rétablir la TVA sociale quand embaucher de la main-d’œuvre coûte près de deux fois plus cher en France qu’en Allemagne?

La réponse doit être immédiate pour soulager les exploitations qui rencontrent les plus grandes difficultés : les règles fiscales liées au report de déficit gagneraient à être plus souples afin que les agriculteurs puissent imputer des pertes sur leurs bénéfices pour gérer leurs problèmes de trésorerie. Incités à s’endetter par la chute des taux, ils ont en effet investi 11 milliards d’euros dans leurs fermes.

S’il est impératif de valoriser l’excellence des produits français et d’exiger une meilleure traçabilité, il convient aussi d’amener les distributeurs à mieux répartir les marges et à renforcer les contrôles sur les prix afin de les réévaluer.

Nous devons enfin encourager l’installation des jeunes agriculteurs et fédérer l’agriculture européenne autour de projets concrets, tels que la revitalisation des zones rurales ou le développement de pôles de compétitivité. A Châteaudun, l’association les Champs du possible que j’ai mise en place recrée un village de start-up entièrement consacré à l’agriculture connectée.

La France, premier producteur agricole européen, doit cesser de détruire ses richesses. Mais il faut pour cela que le gouvernement cesse de mépriser le monde rural.

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Une Europe enfin conquérante

Les Britanniques s’apprêtent à renégocier les termes de leur adhésion à l’Union européenne lors du prochain sommet européen. Il est grand temps que Monsieur Cameron comprenne que l’Europe n’est pas un self-service.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les pères fondateurs de l’Europe ont construit une communauté de destin unique au monde afin de préserver la paix.

Depuis, l’Europe a toujours avancé au rythme des crises qui ont ébranlé ses repères et bousculé ses certitudes. Depuis, l’Europe a su déjouer les pronostics les plus pessimistes. Qui, au crépuscule de deux conflits mondiaux, pouvait imaginer que les frontières, les haines, les égoïsmes nationaux, s’effaceraient un jour pour que les peuples européens partagent un marché unique, une monnaie, une constitution et une citoyenneté?

Face à la menace globale et sournoise que représente la barbarie de Daesh, l’idéal de paix sur lequel s’est construit l’Europe est plus que jamais d’actualité. Cette crise sécuritaire, qui se double d’une crise migratoire, doit être l’occasion de faire émerger une nouvelle Europe, capable de relever les défis d’un monde nouveau.

Une Europe plus forte est d’autant plus nécessaire que la France ne peut seule se défendre face à un ennemi dont la croisade sanguinaire n’a pas de frontières. Elle ne peut seule assumer les opérations militaires indispensables pour stopper la progression du terrorisme au Mali, en Centrafrique, en Irak et en Syrie. Elle ne peut seule éradiquer cette menace. Elle ne peut seule peser sur des décisions qui engagent l’avenir des peuples de tous les continents et dans lesquelles s’entremêlent des enjeux démographiques, sécuritaires, économiques, sociaux, culturels, écologiques.

Nous ne pouvons par conséquent plus regarder l’Europe sombrer. Ce serait se résoudre à laisser la France couler avec. Il faut au contraire avoir le courage de dire haut et fort que les véritables patriotes sont européens. Notre faiblesse n’est pas l’Europe, mais l’absence d’Europe.

Pour que l’Europe sorte plus forte de cette crise, deux décisions doivent être prises sans délai.

Il faut tout d’abord doter l’Europe d’un véritable leadership clairement identifié et désigné de manière démocratique. L’Europe ne sera jamais forte si elle se construit sans les peuples, voire contre les peuples. Les citoyens européens doivent pouvoir choisir un président et un gouvernement de l’Europe. Cette décision majeure peut être prise demain, sans changer les traités: seule compte notre volonté politique commune!

Il faut ensuite faire le pari du fédéralisme, synonyme de proximité dans la décision et d’efficacité dans l’action. Cela passe par des transferts complets de souveraineté pour les pays qui y sont prêts. Assumons que l’Europe se fasse à deux vitesses, si cela est un préalable pour donner enfin corps aux Etats-Unis d’Europe imaginé par Victor Hugo.

Il y a urgence dans quatre domaines : une politique étrangère et de défense commune, avec une force d’intervention européenne, pour permettre à l’Europe d’être en première ligne dans la lutte contre les nouvelles menaces liées au terrorisme; une politique commune de sécurité intérieure, avec la création d’une police européenne et un échange automatique entre les services de renseignements européens; une véritable politique migratoire qui permette de réguler les entrées sur le territoire européen en fonction de nos besoins en cerveaux et en bras, et qui soit intransigeante avec l’immigration illégale; la mise en place d’un gouvernement économique, financier et budgétaire, d’un parlement de la zone euro et d’un budget européen pour faire enfin de l’Europe un levier de croissance pour ses Etats-membres.

L’Europe n’est forte que lorsqu’elle est unie. En témoigne le miracle aéronautique des années 1970 quand la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni, rassemblés autour d’Airbus, sont parvenus à détrôner un constructeur américain.

Nous sommes dans la peau des pères fondateurs, au lendemain de la guerre. A nous de construire l’Europe du 21e siècle, et de permettre ainsi à la France de continuer à peser dans le monde.

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Impôt sur le revenu : tous les français doivent contribuer, même les plus modestes

Le gouvernement se flatte d’exclure plus de la moitié des Français de l’impôt sur le revenu. Quelle est sa logique ?

Si l’impôt est juste, pourquoi alors en exonérer 54% des ménages et faire peser une charge toujours plus lourde sur les classes moyennes ? S’il est injuste, où est sa légitimité et comment justifier qu’il augmente à nouveau cette année de 2,7 milliards d’euros ?

Dans le but d’endiguer le « ras-le-bol fiscal » auquel il a pourtant largement contribué, le gouvernement multiplie les régimes dérogatoires, sapant le principe d’égalité devant l’impôt et réduisant celui de nécessité de l’impôt à un vulgaire vestige de la Révolution. Pire, le sentiment d’injustice, combiné à l’importance des efforts demandés aux Français et à l’absence de résultats tangibles, fragilisent le consentement à l’impôt.

Sortir d’une spirale de la défiance

Cette situation est en train de créer une rupture entre deux France qui seront bientôt irréconciliables.

D’un côté, il y a ceux qui acquittent l’impôt, sur lesquels repose largement l’effort de financement de la solidarité nationale, et qui n’ont le sentiment de ne bénéficier que marginalement de cette solidarité. De l’autre, il y a ceux, de plus en plus nombreux, qui ne paient pas l’impôt et qui bénéficient largement d’une solidarité à laquelle ils ne contribuent que marginalement.

Il est temps de sortir de cette spirale de la défiance : l’impôt sur le revenu doit devenir une cotisation d’adhérent au pacte républicain. C’est pourquoi tous les Français doivent payer l’impôt, du plus aisé au plus modeste, chacun à la hauteur de ses moyens, sans que personne ne puisse s’exonérer de cet effort, même si celui-ci ne dépasse pas 50 euros par an.

Parce que l’impôt est l’expression et la condition même du lien social, aucune réforme fiscale ne pourra aboutir sans intégrer tous les acteurs de la société. La création d’un impôt minimal obligatoire n’aurait pas vocation à générer des recettes mais de la cohésion sociale.

Un facteur de cohésion sociale

Dans un pays comme le Danemark, tous les habitants paient des impôts, y compris lorsqu’ils sont étudiants ou demandeurs d’emploi. Mieux, ces derniers se disent à une très grande majorité satisfaits de participer au financement d’un État providence qui leur fournit une scolarité gratuite et des aides sociales.

Ne l’oublions pas, l’impôt est indispensable pour garantir l’existence d’un système généreux et un accès équitable à des services publics de qualité.

Contribuer – même modestement – à l’effort collectif serait un moyen de redonner une dignité à ceux qui se sentent le plus éloigné de la vie publique. Certes, tous les Français paient la TVA, mais cette habitude plus ou moins indolore ne les distingue pas des touristes.

À l’heure où des millions de citoyens ont montré leur fierté et leur solidarité nationales, l’universalisation de l’impôt sur le revenu rappellerait que non, le peuple français n’a pas vocation à être un peuple d’assistés. Si la prise de conscience du coût des services publics est une nécessité, plus urgente encore est celle de donner à chaque Français l’opportunité de se sentir partie intégrante du contrat social.

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Chômage, la vérité en quelques chiffres

« Ce n’est pas à un moment où il y a un taux de chômage élevé qu’il faut réduire les droits des chômeurs », clamait François Hollande il y a tout juste deux ans. Aujourd’hui, alors que les organisations syndicales s’apprêtent à renégocier la convention d’assurance chômage, sa ministre du travail assure que « la question de la dégressivité mérite d’être étudiée ».

On passerait volontiers outre les incohérences gouvernementales si le chômage n’était pas un drame touchant plus de six millions de Français.

Toutes catégories confondues, le nombre de demandeurs d’emploi s’élève en effet à 6 510 300. Un chiffre bien éloigné des trois millions et demi affichés par le gouvernement, devenu maître dans l’art de manipuler l’opinion en excluant les catégories B, C, D, E et l’outre mer.

En témoignent les annonces récentes sur le soutien à l’apprentissage, à la formation professionnelle ou à l’entreprenariat – atouts longtemps ignorés par la majorité – qui font craindre une tentative de faire diminuer artificiellement les chiffres, en sortant les demandeurs d’emploi des relevés mensuels du chômage.

Depuis que le chef de l’Etat considère que l’emploi est « la seule question qui vaille » – et surtout depuis qu’il a promis qu’il ne briguerait pas de second mandat sans baisse crédible du chômage – il se montre très pressant envers les partenaires sociaux.

Quitte à ressortir une vieille mesure, qui n’avait pas démontré son efficacité sur le retour à l’emploi entre 1992 et 2001. Ainsi donc, le gouvernement envisage de diminuer les droits des chômeurs…dont il est lui-même responsable !

Derrière les chiffres du chômage que la ministre du travail commente chaque mois avec optimisme, il y a des vies brisées, des familles qui explosent, des personnes qui perdent leur maison parce qu’elles ne peuvent plus rembourser un crédit, il y a toute une France qu’on laisse s’enfoncer dans la détresse et la précarité.

Au lieu de passer le plus clair de son temps à promettre des inversions de la courbe du chômage, le gouvernement gagnerait à s’inspirer de ses homologues européens, ou tout simplement à écouter les économistes.

Alors qu’en France il faut avoir cotisé 4 mois sur 28 pour être éligible à l’assurance chômage, la moyenne européenne est trois fois supérieure. Par ailleurs dans notre pays, la durée d’indemnisation maximale est de 2 ans, là où elle n’est que d’un an en Allemagne et de 6 mois au Royaume-Uni.

Les théories économiques sur l’efficacité de l’assurance chômage ne manquent pas. Un bon système doit fournir une protection suffisante tout en responsabilisant les acteurs, inciter à retrouver un emploi tout en permettant un fonctionnement optimal du marché du travail, et assurer l’équilibre du régime sans qu’il soit besoin de recourir à la dette.

Qu’attend-on pour réagir ? La durée d’indemnisation doit passer de 24 à 12 mois, sans dégressivité. Par ailleurs, toute la politique de la formation professionnelle et de l’insertion des demandeurs d’emploi doit passer aux mains des régions, pour fonctionner bassin d’emploi par bassin d’emploi. Le gouvernement a une fois de plus perdu une occasion d’agir : la prochaine réforme du travail devra être décisive.

Encore faut-il abandonner ce petit jeu de cache-cache et accepter de recentrer le service public de l’emploi sur ses priorités : garantir la performance de l’assurance chômage et donner un emploi à tous les sacrifiés du quinquennat.

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Faire de l’ubérisation de l’économie une opportunité

Le premier ministre a désigné un médiateur chargé de « réfléchir à des solutions » pour sortir du conflit qui divise taxis et voitures avec chauffeur depuis plus de cinq ans.

Je doute fort qu’une énième tentative de conciliation satisfasse les deux camps, pas plus qu’une amplification des contrôles. Depuis le temps que le gouvernement « amplifie », « renforce » et « accélère », on se demande comment la France n’est pas devenue première de tous les classements internationaux.

Le sujet est bien connu. D’un côté une licence hors de prix, de l’autre une simple formation suffisant à l’obtention d’un agrément. Si on ajoute à cela des applications permettant de passer commande en contournant le monopole de la maraude, on entend aisément la colère des taxis.

Ces derniers avaient obtenu un encadrement des VTC via le fameux délai de 15 minutes entre la réservation et l’accueil du client. Parce qu’il engendrait des distorsions de concurrence, le décret a été annulé par le Conseil d’Etat. En effet, on ne peut pas régler un problème de police – la lutte contre la maraude – par une restriction de concurrence.

Pas plus qu’on ne peut rajouter au régime des VTC de nouvelles conditions restreignant leur activité. Quand va-t-on perdre l’habitude d’ajouter des règles à chaque fois qu’une nouvelle entreprise arrive sur le marché ? Si le lobbying se transforme en réglementation, quid des nouveaux entrants qui n’ont pas de lobbyistes ?

La vie économique va toujours plus vite que la vie juridique : une réponse tardive a donc finalement été apportée par la loi Thévenoud. On sait pourtant d’expérience qu’aucune bataille juridique n’a jamais empêché la disruption.

Les applications ne disparaîtront pas : elles vont dans le sens de l’évolution technologique. Le géant Kodak a eu beau déposer des brevets, il a été concurrencé par la photographie numérique. De même Uber n’a fait que contourner la barrière à l’entrée.

Les VTC, en observant la demande, ont créé un business model et lancé un nouvel univers. Ils ont transformé notre manière de consommer en diversifiant l’offre, en introduisant la certitude sur les prix et en démocratisant l’accès aux transports.

Le gouvernement ne peut cependant abandonner les chauffeurs de taxis à leur sort. Le premier rôle de l’Etat n’est-il pas d’être juste et de poser les termes d’une concurrence saine ? Il est impératif de rendre plus harmonieuses les conditions d’obtention des licences.

Par ailleurs, sur le long terme, il faudra veiller à assurer la période de transition sans spolier les chauffeurs. Les économistes ont fait nombre de propositions en ce sens, à commencer par le rachat progressif des licences. Pourquoi ne pas prélever un euro sur chaque course afin de constituer des caisses de compensation ? Une réflexion sur le cadre fiscal de l’économie collaborative devra également s’engager.

A Montréal et à Berlin, les taxis peuvent devenir chauffeurs pour Uber quand ils ont fini leur service. Le gouvernement fera-t-il un jour le choix de la souplesse ? Cela supposerait qu’il accepte d’anticiper – ce qui demande le courage de fuir les propositions court-termistes destinées à flatter de futurs électeurs.

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« La sécurité est la première des libertés »

Si je soutiens le gouvernement, notamment dans sa décision de prolonger l’état d’urgence, je constate que cet attentat meurtrier, le jour de notre fête nationale, montre qu’il existe encore des failles qu’il faut tout faire pour combler.

Je salue l’initiative du Ministre de l’Intérieur qui a appelé ce week-end tous les citoyens qui le désirent à rejoindre la réserve opérationnelle mais cela ne suffira pas.

Pour moi, la question des mesures exceptionnelles, allant de l’assignation à résidence avec bracelets électroniques jusqu’à la privation de liberté pour les individus représentant une menace terroriste, doit plus que jamais être posée.

De même, nous devons empêcher les individus qui partent faire le djihad ou ceux qui sont fichés S, d’entrer sur le territoire. Il faut également prévoir des sanctions beaucoup plus importantes pour ceux qui incitent à la haine, que ce soit dans les mosquées ou sur Internet.

Par ailleurs, les conclusions de la commission d’enquête sur les attentats doivent être mises en œuvre rapidement.

Enfin, il faut renforcer notre système de renseignement en le refondant totalement et muscler notre machine judiciaire, trop laxiste, face à cet ennemi lâche et barbare.

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Des réponses à la désertification médicale

Pour des millions d’hommes et de femmes qui habitent à la campagne ou en ville, vivre dans l’angoisse de ne pas pouvoir être pris en charge en cas de maladie est une réalité quotidienne. Lorsqu’un petit village des Côtes-d’Armor publie une annonce sur Le bon coin afin de se trouver un médecin, lorsqu’avoir un rendez-vous chez un généraliste ou un spécialiste relève du parcours d’obstacles, que les délais sont si longs que certains patients sont contraints de renoncer aux soins, comme les beaux discours de Marisol Touraine sur le tiers-payant généralisé peuvent sembler bien loin !

Ces fractures territoriales soulèvent plusieurs problématiques, en particulier dans ma région Centre-Val de Loire, qui demeure, classement après classement, le plus grand désert médical français.

Une présence médicale essentielle pour l’attractivité des territoires

D’abord parce qu’il est inacceptable qu’un Français, une Française, qui cotise à la sécurité sociale, soit mieux ou moins bien soigné selon qu’il vit dans l’Indre ou dans les Alpes-Maritimes ! Ensuite parce que la présence de médecins est vitale pour renforcer l’attractivité des territoires : une offre de soins cohérente est un facteur déterminant pour choisir de s’installer ou non sur un territoire. Enfin, parce que les inégalités d’accès aux soins devraient s’aggraver sous l’effet conjugué du vieillissement de la population, de l’évolution des modes de prise en charge, de la hausse du niveau d’exigence de nos compatriotes et de la forte prévalence des maladies chroniques.

Pouvons-nous lutter contre les déserts médicaux sans l’appui des professionnels de santé ? Je ne le crois pas : la liberté d’installation doit être préservée. Sa remise en cause ne ferait qu’affaiblir la médecine libérale. Les professionnels de santé, et plus particulièrement les nouvelles générations, attendent de nouveaux modes d’organisation et d’exercice, permettant plus de souplesse et d’efficacité et de nouvelles formes de rémunérations. Nous devons répondre à leurs attentes.

Supprimer les numerus clausus

Nous devons également aller plus loin. Il faut aujourd’hui envisager la suppression pure et simple du numerus clausus qui, depuis 1971, constitue le levier d’action privilégié par les pouvoirs publics pour équilibrer le niveau de l’offre de soins.

Ce mécanisme a montré ses limites : il accentue la fracture médicale, il est responsable du gâchis humain qui conduit des milliers d’étudiantes et d’étudiants à redoubler leur première année, et il ne garantit en rien que les médecins étrangers, auxquels nous avons recours pour pallier le manque de médecins, possèdent un niveau de compétence suffisant.

Quelle est aujourd’hui sa seule utilité ? Eviter une augmentation des effectifs qui appauvrirait les médecins. Alors sortons enfin de l’hypocrisie et osons dire que le coût de la consultation, bloqué depuis quatre ans, doit être augmenté. Si nous ne garantissons pas des revenus plus attractifs aux médecins, nous aurons demain une médecine au rabais.

Régionaliser la formation des médecins

Parallèlement, il faut régionaliser la formation des médecins, en remplaçant les épreuves classantes nationales par un internat régional. Ce concours d’internat ouvert uniquement aux étudiants ayant validé leur deuxième cycle d’études médicales dans la même région permettrait de les enraciner dans la région dans laquelle ils auront effectué l’ensemble de leurs études médicales et de mettre ainsi fin à l’exil des blouses blanches.

Le rôle des collectivités

Enfin, les collectivités doivent davantage se saisir de la problématique de la désertification médicale car elle appelle des réponses adaptées à chaque territoire. Le rôle des collectivités doit être de soutenir la formation des professionnels de santé qui s’engagent à s’installer dans des zones en souffrance, de travailler ensemble et de proposer, en concertation avec les professionnels de santé, des aides financières supplémentaires, des solutions innovantes, pour faire en sorte que personne ne se trouve à plus de 20 minutes des soins d’urgence.

Les collectivités doivent également accélérer le développement du numérique pour favoriser la télémédecine et de nouvelles formes de soins et des consultations à distance, pour connecter entre elles les Maisons de Santé Pluridisciplinaires, pour réaliser des diagnostics partagés, pluridisciplinaires, des échographies à distance, favoriser les échanges entre praticiens ou améliorer la protection des personnes âgées.

Les réponses à la désertification médicale existent. Prenons les décisions courageuses qui s’imposent maintenant ou les fossés qui se creusent aujourd’hui entre les territoires et leurs habitants feront imploser notre système social.

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