Réforme des retraites - Bilan
La
réforme des retraites proposée par le gouvernement va dans le bon
sens puisqu'elle permettra de sauvegarder le financement de notre
système de retraites par répartition, garant du pacte de solidarité
républicain que le Conseil National de la Résistance a élaboré
après la Seconde Guerre mondiale et auquel tous les Français sont
attachés.
Cette
réforme est avant tout animée par un esprit de responsabilité : le
gouvernement a fait le choix difficile mais courageux de reculer
progressivement l'âge légal du départ à la retraite à 62 ans
d'ici 2018 et de porter la durée de cotisation à 41,5 annuités.
Cette mesure apporte enfin une réponse à l’augmentation de
l’espérance de vie (+2,4 années en 10 ans). Ce n’est pas une
décision facile de demander aux Français de travailler durant deux
années supplémentaires, mais alors qu'une retraite sur dix n'est
déjà plus financée, c’est la meilleure solution pour ne pas
avoir à pas baisser les pensions et conserver notre système par
répartition.
Le
Nouveau Centre a toujours considéré que pour être comprise par les
Français, la réforme des retraites devait être juste dans l'effort
demandé à chacun.
Le
gouvernement s'est inscrit dans cette logique puisque pour trouver
les 45 milliards d'euros nécessaires au financement des retraites
jusqu'en 2025, il a choisi de taxer davantage les stock-options, les
retraites chapeaux et de mettre les revenus du capital à
contribution en augmentant les prélèvements sur le patrimoine, les
dividendes et les actions. Ce
projet de loi va donc dans le sens de la justice sociale : afin de
financer les retraites, le
Gouvernement a également mis en place une taxe de 1% sur la dernière
tranche de l'impôt sur le revenu qui ne donnera pas droit à
restitution au titre du bouclier fiscal. Il s'agit incontestablement
d'une brèche dans le bouclier fiscal, dispositif dont le Nouveau
Centre n'a cessé de souligner l'injustice depuis 2007.
Enfin,
dans un souci d'équité entre secteur public et privé, cette
réforme prévoit l’harmonisation en 10 ans des taux de cotisation
retraite entre les salariés du public et du privé.
Le
Gouvernement s’est également montré ouvert sur certaines
questions que nous avions soulevées avec mes collègues du Nouveau
Centre.
Le
gouvernement a ainsi demandé que le
dispositif carrières longues créé en 2003 soit
maintenu
et élargi, c’est-à-dire que tous ceux qui sont rentrés très
jeunes sur le marché du travail, avant 18 ans révolus, et qui ont
toutes les années de cotisations requises, pourront continuer à
partir en retraite à 60 ans, voire avant.
Le dispositif doit éviter
tout effet de seuil et renforcer l'équité entre les générations.
La
notion de pénibilité était également abordée dans ce projet de
loi qui prévoyait la possibilité d'une retraite à 60 ans pour tout
assuré présentant un taux d'incapacité de 20% et plus. Les débats
ont permis d'obtenir une avancée en prévoyant d'accorder également
ce droit aux salariés dont l'incapacité est comprise entre 10% et
20%, à condition qu'une commission constate que ces salariés
restent soumis à des facteurs de pénibilité. Chaque année, 20 000
personnes de plus pourront bénéficier de cette mesure.
Au
Nouveau Centre, nous sommes favorables à ce texte, mais nous
estimons que le Gouvernement ne va pas assez loin pour sécuriser
définitivement le financement de nos retraites.
Dans
cet esprit, il est essentiel d’établir un consensus politique et
syndical fort pour assurer la pérennité de notre modèle social.
Chaque famille politique se doit de mettre sur la table des
propositions constructives loin de la politique politicienne. C'est
pourquoi je ne peux que déplorer les tentatives d'obstruction du
parti socialiste qui avaient pour seul but de masquer les
approximations de son projet. Un seul exemple suffit pour le
démontrer : le Parti Socialiste, qui n'a pas eu de mots assez durs
pour dénoncer l'injustice de la réforme proposée par le
Gouvernement, préconisait une augmentation d’un point du taux de
cotisation sociale des salariés pour financer les retraites.
L'adoption d'une telle mesure aurait fait baisser d’autant le
pouvoir d’achat des salariés !
Le
Nouveau Centre continuera pour sa part de proposer l’instauration
d’un régime de retraite unique, universel et personnalisé
pour tenir compte des parcours professionnels de chacun, de la
pénibilité du travail et de modes de vie de moins en moins
linéaires. Pour cela, je suis favorable à l’instauration d’une
retraite à points, et à la mise en extinction des régimes
spéciaux, souvent considérés par nos concitoyens comme
injustifiés. Ces mesures apporteront de la transparence à un
système devenu aujourd’hui opaque. Dans le cadre d’un contrat
passé avec la Nation, chaque citoyen pourra connaître à tout
moment le décompte de ses annuités et le chemin restant à
parcourir pour obtenir une retraite à taux plein. Ces réformes
devront être progressives, elles prendront du temps, certainement
une génération, mais on ne peut accepter le maintien d’une
multiplicité de régimes spéciaux financés pour partie par la
solidarité nationale, c’est-à-dire par l’impôt local ou
national, les cotisations sociales, ou les consommateurs.
Après
son adoption par l’Assemblée nationale, ce texte va être examiné
par le Sénat et peut encore être amélioré, notamment concernant
la question primordiale des retraites des femmes. On sait que le
niveau de retraite est souvent trop faible, puisque de nombreuses
femmes sont dans l’incapacité d’atteindre le nombre d’annuités
nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Les
parlementaires centristes déposeront prochainement au Sénat des
amendements pour améliorer leur situation.
Enfin,
j’ai une pensée particulière pour nos concitoyens qui ne touchent
qu’une faible retraite. Le Gouvernement a déjà revalorisé
l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ex-minimum
vieillesse) de 13% depuis le début du quinquennat, mais nous devons
faire encore mieux : c’est un véritable objectif de justice
sociale.
Chers
amis, je vous assure de tout mon dévouement pour porter cet esprit
de responsabilité et de justice qui doit guider cette réforme des
retraites et mobiliser chacun d'entre vous autour de la sauvegarde de
notre modèle social.