Question orale sans débat - Critère des zones de revitalisation rurale
Ma question s’adresse à M. le ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire.
Créées par la loi d’orientation pour l’aménagement et le
développement du territoire du 4 février 1995, les zones de
revitalisation rurale regroupent des territoires ruraux qui connaissent
des difficultés en matière de densité démographique ou qui doivent
faire face à un handicap structurel sur le plan socio-économique. Afin
de renforcer l’attractivité de ces territoires trop longtemps oubliés,
des avantages fiscaux sont accordés aux entreprises et aux
professionnels qui ont fait le choix de s’implanter dans ces ZRR.
Je sais combien le Gouvernement œuvre pour réduire la fracture
territoriale et libérer les énergies des territoires ruraux. J’attire
cependant l’attention de M. le ministre sur le fait que certains
professionnels reçoivent des informations contradictoires quant à
l’obligation de reverser les sommes qui leur ont été attribuées
lorsqu’ils cessent leur activité en ZRR moins de cinq ans après la
perception de ces aides. De plus, ils sont fréquemment confrontés à un
manque d’information et de transparence sur les dispositifs
d’incitation fiscale dont ils peuvent bénéficier au moment de leur
prise de fonction.
Ces incertitudes mettent en péril l’arrivée de professionnels dans
des territoires qui, sans être classés en ZRR, souffrent pourtant
cruellement d’un manque de vitalité sociale et économique.
C’est notamment le cas dans la commune de Sancheville, située en
Eure-et-Loir, dans l’arrondissement de Châteaudun, qui n’est
malheureusement pas classée en ZRR.
Le médecin de cette commune partira en juin et, après de longs mois,
nous lui avons trouvé un remplaçant, qui, lui, exerce actuellement en
ZRR. Celui-ci est confronté à une incertitude : devra-t-il ou non
rembourser les aides qu’il a perçues au titre des ZRR s’il s’installe à
Sancheville ?
Or sa venue est primordiale : l’Eure-et-Loir est le département de
la région Centre le plus marqué par un déficit de personnel médical ;
c’est un territoire qui a été déserté par de nombreux services et
commerces, et le phénomène s’est amplifié au cours des dernières années.
Aussi, monsieur le ministre, ma question est double.
Tout d’abord, je souhaiterais connaître les contours de cette clause
de renversement qui fait peser une incertitude lourde sur
l’installation de professionnels dont certains territoires ont tant
besoin pour garantir un accès aux services, aux commerces, aux soins
qui soit le même pour tous les habitants.
Ensuite, je souhaiterais connaître les principales orientations de
future refonte des ZRR et savoir si cette évolution tiendra pleinement
compte des évolutions socio-économiques intervenues depuis l’entrée en
vigueur de la loi du 4 février 1995. Les zonages établis à l’époque
créent de véritables disparités.