Dimanche 02 juin 2013
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Régle d'équilibre budgétaire - Réforme constitutionnelle - 3ème lecture - 13 juillet 2011

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mes chers collègues, Le projet de réforme constitutionnelle que nous examinons à nouveau aujourd’hui constitue une avancée majeure, puisqu'il doit permettre de fixer un cadre budgétaire pluriannuel et encourager ainsi les majorités successives à s’y conformer rigoureusement. Il répond - enfin ! - à l'impérieuse nécessité de se doter d’une règle budgétaire contraignante devant la situation particulièrement dégradée de nos finances publiques. Ce projet de loi marque incontestablement un véritable tournant mais je tiens à souligner avec gravité qu’aucune règle juridique, aussi contraignante soit-elle, ne saurait se substituer au volontarisme politique indispensable pour réaliser les efforts nécessaires en matière budgétaire. Aujourd’hui, deux faits majeurs exigent de placer, enfin, la question de notre dette au rang de priorité absolue à l’agenda politique. Premièrement, la crise économique et financière qui a ébranlé le monde entier ces trois dernières années a eu un impact destructeur sur les finances publiques des pays les plus avancés en réduisant les recettes fiscales, creusant ainsi les déficits. Cette crise, elle n'est pas derrière nous, nous la vivons au quotidien. Cette crise a également rendu indispensable la mise en place de plans de relance budgétaires de grande ampleur dont les conséquences sur les niveaux d’endettements publics sont aujourd’hui considérables. Le groupe Nouveau Centre n' a pas attendu que la crise économique frappe l'économie mondiale pour se saisir de cette question cruciale puisque dès le début de la législature, nous avons déposé une proposition de loi constitutionnelle relative au « retour à l’équilibre des finances publiques » et que, lors de la campagne présidentielle de 2007, nous voulions instituer une règle d'or, pour mettre fin à 30 ans de budgets votés en déséquilibre. Nous avancions alors trois arguments en faveur de l’équilibre de nos finances publiques :

  • Un argument moral : Autant un déficit d’investissement peut être légitime dans la mesure où les dépenses engagées bénéficieront aux générations futures et contribuent à créer de la richesse, autant le déficit de fonctionnement est illégitime dans la mesure où il hypothèque l’avenir des générations futures.
  • Un argument économique : prélever de l’épargne nationale pour financer les dépenses de fonctionnement affaiblit la croissance économique et développe le chômage. Seule une politique budgétaire soutenable permettra de relancer durablement l’économie française.
  • Un argument politique et démocratique, enfin puisque le Gouvernement s’est fermement engagé à respecter la trajectoire de déficit public inscrite dans la loi de programmation des finances publiques (6 % en 2011, 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013), et qu'il est indispensable de préserver les marges de manœuvre aux gouvernements futurs.
Que n'avions nous pas entendu en 2008 : Trop tôt ! Inefficace ! Inapplicable ! Il faut croire, madame le ministre, que nous avons eu tort d'avoir eu raison trop tôt. Après avoir repoussé notre proposition, année après année, le Gouvernement nous donne enfin raison ! Au nom du groupe Nouveau Centre, je tiens à saluer cette avancée et le chemin parcouru depuis trois ans. Certes, la réforme que nous nous apprêtons à voter n’est pas parfaite ! Nos collègues sénateurs ont en effet supprimé le monopole réservé aux lois de finances et aux lois de financement de la sécurité sociale. C’est un regret, car je crois comprendre que l’Assemblée nationale est sur la même ligne, mais l’essentiel du texte réside dans les lois-cadres d’équilibre des finances publiques et dans le débat et le vote sur le programme de stabilité européen. Essentiel car au-delà des menaces qu’elle fait peser sur la stabilité de la monnaie unique et sur la cohésion de la zone euro, la crise que traverse actuellement la zone euro suffit à démontrer qu’aux yeux des marchés, les Etats sont des biens comme les autres, c’est-à-dire vulnérables et périssables. Essentiel si la France veut garder sa signature triple A, dont la dégradation entraînerait une hausse des taux d'intérêts et donc, de la dette. L'exemple est sous nos yeux puisque l’écart des taux d’intérêts entre l’Allemagne, qui s'est doté d'une règle d'équilibre budgétaire dès 2009, et la France, n’a jamais été aussi haut. Il est temps de réagir pour ne pas se laisser décrocher ! L'exemple est sous nos yeux avec la Grèce, l’Irlande, l’Espagne ou le Portugal, et même, plus récemment, la contagion qui touche l'Italie, l'Angleterre, et les Etats-unis. Au moment où les places financières européennes affichent de nets reculs, et alors que la bourse de Paris a été suspendue trois heures hier, il est indispensable d'adresser un signal sans ambiguïté aux marchés financiers en faisant preuve de crédibilité et de responsabilité. La crise financière n’est pas derrière nous : le risque d’une propagation de la crise de la dette souveraine au cœur de l’Europe exige de la France d'assainir ses finances publiques. Si la priorité est bien aujourd’hui de préserver la stabilité financière de la zone euro et d’éviter une éventuelle contagion, force est de constater que la règle d’or que nous nous apprêtons à voter s’inscrit au cœur de ces deux exigences. Devant l’urgence à se doter d’une règle opposable inscrite dans la Constitution, le groupe Nouveau Centre souhaite que la réforme soit soumise le plus tôt possible au Parlement réuni en Congrès. Mes chers collègues, ne nous y trompons pas : cette réforme engage la responsabilité de l’ensemble des formations politiques appelées à gouverner. Notre endettement est devenu un puits sans fond, dans lequel tous les gouvernants ont, depuis 30 ans, creusé leur légitimité électorale. Tous, sans exceptions, ont ainsi légué à leurs successeurs un fardeau toujours plus lourd faisant peser la menace d’un déchirement de notre tissu social, puisque la question de l’endettement public est avant tout une question d’équité intergénérationnelle. Aussi, j’en appelle à la lucidité de nos collègues de l’opposition pour qu’ils votent ce texte, sans calculs préélectoraux. Nous attendons de voir si le Parti Socialiste, qui affirme chaque jour son ambition de diriger le pays va sacrifier les générations futures sur l'autel de la démagogie au nom d'un esprit partisan ou soutenir ce projet de loi. Ce n'est pas une question politicienne. Ce texte engage l'avenir de notre pays. Cette majorité n'avait-elle pas pris ses responsabilités en soutenant l'avancée majeure que constituait la LOLF en 2001, et qui était portée par l'un des vôtres, Didier Migaud ? Madame le ministre, Mes chers collègues, Notre Assemblée s'honorerait de voter unanimement une telle réforme constitutionnelle. Ce serait poser un acte majeur de responsabilité. Il en va de notre crédibilité à l’égard de nos partenaires européens et des générations futures, mais ne serait-ce pas surtout l'occasion de démonter à nos concitoyens que lorsque l'essentiel est en jeu, les représentants du peuple savent gommer leur différences pour se retrouver sur l'essentiel ?

Pour toutes ces raisons, le groupe Nouveau Centre prendra ses responsabilités et votera en faveur de ce texte.

Je vous remercie.









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