Taxe sur les conventions d'assurance
Les dispositions prises dans le cadre de la loi de finances pour 2011
et deuxième de la loi de finances rectificative pour 2011 qui ont porté
successivement à 3,5 % puis 7 % les taux de la taxe spéciale sur les
conventions d'assurance (TSCA) sur les contrats santé solidaires et
responsables s'inscrivent dans la politique du Gouvernement de lutte
contre les déficits publics, effort qui est absolument indispensable
dans le contexte de la zone euro. Cet effort, qui s'est traduit dans
les lois financières et la réforme des retraites, a été poursuivi et
amplifié au travers des deux plans de réduction des déficits annoncés
par le Premier ministre les 24 août et 7 novembre 2011 qui représentent
un effort de réduction des déficits de plus de 115 Md€ d'ici 2016.
L'ensemble des mesures prises constituent un plan global et équilibré
mettant à contribution l'ensemble des acteurs économiques et des
secteurs d'activité, à la fois par une augmentation des recettes et par
la réduction des dépenses. S'agissant du volet « recettes » des mesures
de réduction des déficits, le Gouvernement, plutôt que de procéder à
une hausse généralisée des prélèvements qui aurait trop lourdement
pesée sur la croissance, a fait le choix d'une revue systématique des
dépenses fiscales et des niches sociales afin de réduire les aides
publiques en les supprimant sur les dispositifs pour lesquels elles
n'apparaissent plus justifiées et en les recentrant sur les dispositifs
les plus efficaces. S'agissant plus spécifiquement de la mesure portant
le taux de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance de 3,5 % à
7 % (dont le rendement est estimé à 100 M€ en 2011 et 1,1 Md€ en année
pleine), l'incitation fiscale, qui a pris la forme d'une exonération de
TSCA sur les contrats responsables puis d'un taux réduit, a produit son
plein effet (plus de 90 % des contrats d'assurance santé satisfont les
critères ouvrant droit au label « solidaire et responsable »). Les
conséquences de cette situation doivent être tirées en matière de
politique fiscale, le maintien de dispositifs dérogatoires ne se
justifiant qu'au regard des aspects incitatifs qu'ils peuvent porter.
En tout état de cause, un écart est maintenu entre les contrats
solidaires et responsables et ceux qui ne le sont pas puisque ces
derniers subissent un taux de prélèvement de 9 % (au lieu de 7 %). Au
total, en additionnant le rendement de la taxe des organismes
complémentaires (OC), qui vient financer le fonds couverture maladie
universelle (CMU), et de la TSCA, les prélèvements sur les contrats
solidaires et responsables atteindraient 4,1 Md€ en 2012 contre 725 M€
en 2008. Cette augmentation doit toutefois être relativisée : d'abord
ces contrats bénéficient toujours d'autres mesures d'exonérations comme
par exemple l'exclusion de l'assiette des cotisations employeurs des
contributions versées pour les contrats collectifs et obligatoires.
Cette exonération entraine une perte de cotisations sociales estimée à
2 Md€. Les cotisations et primes des contrats solidaires et
responsables sont aussi exclues de l'assiette de la contribution
sociale de solidarité des sociétés (C3S). Ensuite, il convient de
souligner que le report de la hausse de la taxation des contrats sur
les assurés n'a rien d'automatique et que les entreprises d'assurances
et les mutuelles peuvent en absorber une partie. Ainsi, les éventuelles
hausses de primes sont avant tout une décision des organismes
complémentaires qui ne peut être en totalité imputée à la réduction de
la dépense fiscale. Certains acteurs ont en effet les moyens de ne pas
répercuter la suppression d'une partie de l'avantage fiscal sur leur
prix. Certains ont d'ailleurs déjà annoncé qu'ils ne répercuteraient
pas la hausse sur leurs tarifs. Cet effort des organismes
complémentaires apparaît légitime à double titre. D'une part, la
politique générale de maîtrise des dépenses de santé, que l'on peut
mesurer au travers de l'objectif national des dépenses d'assurance
maladie voté chaque année au Parlement, bénéficie également aux
organismes complémentaires en contribuant à la maîtrise de leurs coûts.
D'autre part, il convient de rappeler que l'accroissement tendanciel de
la part des malades en affections de longue durée, dont les soins sont
pris en charge à 100 % par l'assurance maladie, représente chaque année
environ 1 Md€ d'économie pour les organismes complémentaires. En ce qui
concerne la protection complémentaire des ménages les plus modestes, le
Gouvernement a procédé ces dernières années à plusieurs revalorisations
importantes des paramètres de l'aide au paiement d'une assurance
complémentaire de santé (ACS) pour garantir l'accès aux soins du plus
grand nombre. Ainsi, les montants de l'aide ont été majorés de manière
très importante depuis 2005 (de 75 € en 2005 à 200 € en 2011 pour les
16-25 ans, de 150 € à 350 € pour les 50-59 ans et de 250 € à 500 € pour
les plus de 60 ans par exemple). En outre, le plafond de ressources
pour bénéficier de cette aide a été augmenté à deux reprises sur la
même période et a connu une nouvelle revalorisation à compter du 1er
janvier 2012. Il est égal au plafond de ressources de la CMU
complémentaire majoré de 35 % (contre 26 % en 2011, 20 % en 2010, 15 %
en 2005). Fin 2013, 1 million de personnes devraient bénéficier de ce
dispositif auxquels il faut ajouter environ 4,5 millions de
bénéficiaires de la CMU complémentaire. Ces revalorisations sont
accompagnées par deux mesures qui poursuivent le même objectif de
garantie de l'accès aux soins : - d'une part, la loi de financement de
la sécurité sociale (LFSS) pour 2012 prévoit la définition, par voie
conventionnelle, d'un « label ACS », dont les critères d'éligibilité
seront définis par une convention conclue entre le fonds CMU, l'Etat et
l'union nationale des organismes d'assurance maladie (UNOCAM). Ces
contrats devront notamment s'efforcer d'offrir des prestations adaptées
aux personnes dont les ressources sont modestes. L'existence de ce
label n'empêchera pas les personnes éligibles à l'ACS de souscrire un
contrat n'en bénéficiant pas, et, inversement, des personnes non
éligibles à l'ACS pourront souscrire un contrat le revêtant ; - d'autre
part, afin de maximiser le taux de recours à l'ACS, les caisses
primaires d'assurance maladie (CPAM) ont adressé plus de 200 000
courriers ciblés aux bénéficiaires potentiels de l'ACS détectés par les
caisses d'assurance vieillesse et les caisses d'allocations familiales.